Laura Demoustier : « Je me suis vraiment retrouvée dans la course à pied »

Oubliez ce que vous pensez savoir sur les influenceuses ! Si l’on peut éventuellement lui donner ce statut, Laura Demoustier est avant tout une sportive passionnée, volontaire, avec une véritable éthique. En plus de faire vivre ses séances à sa communauté grandissante, la jeune femme partage des conseils de santé et d’alimentation en s’appuyant sur ses propres expériences de vie. CinéSport vous invite à suivre dès à présent son compte Instagram.

-L’on vous connaît par votre pratique de la course à pied et de la natation, mais quelle discipline avez-vous commencé à pratiquer en premier ?

-J’ai commencé par la natation quand j’étais assez jeune, vers 8 ans, mais toujours en loisir, je ne faisais jamais de compétition à l’époque. J’ai donc fait de la natation jusqu’à 14 ans environ, ce n’était vraiment que du plaisir. Quand j’ai arrêté, je me suis mise à la course à pied principalement pour passer du temps avec mon père, car mes parents étaient séparés. Là, j’ai fait pas mal de compétitions, de la course de montagne sur 10 kilomètres. Mes parents sont Réunionnais et à l’époque j’habitais à La Réunion.

J’ai arrêté la course à pied à 19 ans environ parce que j’arrivais à Nantes et que j’avais très froid, c’étaient des conditions que je ne connaissais pas !

Mon parcours n’est pas du tout linéaire, vers mes 20 ou 21 ans je me suis dit que j’allais repartir un peu à la piscine, mais par contre, comme je faisais du 10 kilomètres en courses à pied, j’ai gardé cette distance en natation. Au début j’étais en STAPS – Licence de sciences et techniques des activités physiques et sportives -, on avait droit à des cours de natation gratuits et je m’entraînais donc beaucoup avec l’organisation de la FAC. Après j’ai travaillé dans le haut niveau en natation, j’ai travaillé à l’INSEP – l’Institut national du sport -, donc j’ai côtoyé de grands nageurs, je refaisais de mon côté les séances qu’ils faisaient eux-mêmes, donc j’ai beaucoup progressé à ce moment-là. Je suis rentrée en club vers mes 23 ans et là je nageais à haut niveau, à peu près 25 heures par semaine.

Je me suis remise à la course à pied quand j’avais un peu fait le tour de la natation, j’ai quitté mon club, je suis rentrée quelque temps à La Réunion, c’était toujours pour mon père puisqu’il m’avait proposé de faire le marathon de Valence avec lui en 2024.

-Que faisiez-vous à l’INSEP ?

-Ça n’a pas duré longtemps, j’y ai travaillé un an et demi environ en tant qu’entraîneur adjoint sur le groupe de fond et demi-fond, le type de nage était principalement le dos-libre, ce que j’ai fait moi-même par la suite. Les compétitions de nage libre ont lieu en lac, rivière, en mer, tout ce qui est milieu naturel. En distance fédérale, c’est de 5 à 10 kilomètres.

-S’agit-il du même type de course que celle qui avait tant fait parler dans la Seine lors des Jeux Olympiques de 2024 ?

-Tout à fait, oui !

-Qu’est-ce que la pratique de ces sports vous apporte ?

-C’est une bonne question, je n’y avais jamais trop pensé ! Quand j’ai repris la course à pied, j’ai vraiment eu 6 mois pour préparer le marathon de Valence et finalement mon père ne l’a pas fait avec moi malheureusement, parce qu’il s’est blessé, mais moi j’ai adoré. J’ai adoré suivre une prépa, j’ai adoré l’ambiance du marathon… je me suis vraiment retrouvée dans la course à pied, et c’est pour ça que je continue aujourd’hui, j’aime me voir progresser, je prévois d’ailleurs de refaire un marathon en fin d’année.

-L’hygiène de vie liée à ces disciplines est-elle contraignante ?

-Je suis quelqu’un qui de base n’est pas très « soirées », je ne bois pas beaucoup d’alcool, du coup c’est facile pour moi d’avoir cette hygiène de vie, ça me correspond. Et puis, suite à mes TCA – troubles des conduites alimentaires – dans ma jeunesse, je me suis mise à beaucoup cuisiner pour m’en sortir. Je cuisine quasiment tout ce que je mange, donc, là encore, ce n’est pas difficile de bien manger. Le plus difficile est plutôt de manger suffisamment ! Mon compagnon est dans le sport aussi donc on sait qu’on peut partir une semaine en vacances en vadrouille, on sait très bien qu’on va faire du sport tous les deux, notre hygiène de vie nous convient parce qu’on est dans ce mood.

Je suis quelqu’un qui de base n’est pas très « soirées », je ne bois pas beaucoup d’alcool, du coup c’est facile pour moi d’avoir cette hygiène de vie, ça me correspond

-Y a-t-il malgré tout des moments de découragement ?

-Oui, ça arrive même quand on aime ça ! Soit ça va être de la « flemme », je pense que ça arrive à tout le monde, soit c’est quand j’ai l’impression de ne plus progresser et que je me remets beaucoup en question. Dans ce cas j’en parle beaucoup avec mon compagnon pour qu’on essaye de remettre des choses en place, notamment sur l’alimentation, parce que mon problème est que je ne mange parfois pas assez et je sens que mon corps fatigue plus vite.

Mon compagnon va beaucoup m’aider mentalement aussi. Pour la flemme, c’est un peu la tête qui prend le dessus, je sais que j’ai des objectifs, des objectifs qui vont me plaire, et je sais que je ne les atteindrai pas sans rien faire.

-À quoi ressemble votre journée type ?

-C’est plutôt lissé sur une semaine. Les jours où j’ai de grosses séances en course à pied, la natation passe au second plan parce que c’est beaucoup plus dur à mes yeux de courir après avoir été nager que l’inverse.

Je suis dans un club de triathlon, les jours où c’est un peu plus « cool » à pied, je vais nager de 7h du matin jusqu’à 8h30 environ, et après je vais courir en fin de matinée ou en milieu ou fin de matinée selon la météo.

-Comment adapter son entraînement pendant les périodes de canicule ?

-La chose principale est de réduire l’intensité, sur les jogs il faut diminuer l’allure. Sur les séances où il faut mettre des allures, on peut courir de 10 à 20 secondes moins vite que s’il faisait plus frais. Et puis il faut favoriser les séances le matin. En fin de journée il fait beaucoup plus chaud ! Du coup il faut ajuster un peu l’heure du coucher pour ne pas encaisser trop de fatigue. Il faut aussi penser encore plus que d’habitude à prendre de l’eau avec soi.

-Vous nous avez dit faire partie d’un club de triathlon, touchez-vous un peu au cyclisme ?

-Pas du tout ! Je me suis acheté un vélo récemment mais pour l’instant c’est surtout pour me déplacer.

Pendant les périodes de canicule ? La chose principale est de réduire l’intensité. […] Il faut aussi penser encore plus que d’habitude à prendre de l’eau avec soi.

-Êtes-vous en quête de performances ? Quand vous faites un marathon, par exemple, visez-vous toujours un meilleur chrono que la fois précédente ?

-Oui, en fonction de comment se sont passés les mois précédents. Là, ça va seulement être mon 3e marathon donc je dirais que je suis encore novice, le fait est que mon 1er marathon s’est très bien passé et j’ai mis une barre un peu haut que j’ai eu du mal à atteindre sur mon 2e marathon. J’ai quand même progressé depuis que je me suis remise à courir et le but est d’aller chercher mon meilleur chrono sur cette distance, d’aller chercher ce que je peux, ce que je vaux, jusqu’à ce que je n’ai plus envie d’en faire !

-Qu’est-ce qui vous a poussée à lancer votre compte Instagram et pouvez-vous présenter votre ligne éditoriale à ceux qui ne vous suivent pas encore ?

-En fait, j’ai toujours été un peu sur Instagram mais au début je n’avais aucune idée de comment faire un réel donc je mettais principalement des photos de quand je faisais de la natation, je ne perçais pas tellement, c’était surtout un compte pour moi. Quand je me suis remise à la course à pied, c’était au début de l’essor de la discipline, là j’ai commencé à faire quelques réels qui ont bien marché et je me suis rendu compte que ça me plaisait beaucoup de partager ce que je faisais, ça me plaisait aussi de faire le montage, de chercher des idées, tout l’aspect créatif. Et après, forcément, en voyant que ça prenait de l’ampleur, et comme j’avais une communauté assez gentille, je me suis dit « mais, j’aime ça, pourquoi je ne partagerais pas ma passion ? ». J’ai aussi reçu des messages de gens qui me disaient que ça les motivait à se mettre au sport. C’est venu petit à petit, je ne me suis pas dit du jour au lendemain « je vais me mettre dans les réseaux ».

-Au-delà des publications dédiées à vos entraînements, l’alimentation et la santé mentale semblent être deux de vos préoccupations majeures, est-ce le cas ?

-Au début j’avais assez peur d’en parler. On parle de santé mentale mais moi je parle beaucoup de mon anorexie, des TCA et de ce qui m’a touché. C’est toujours un sujet un peu sensible quand on l’a vécu ; je ne veux pas que des gens se disent « elle a eu des TCA, moi aussi, il faut que je fasse attention à ce que je mange », ni « elle a l’air super forte », parce que ce n’est pas tous les jours le cas. Donc j’essaye d’être assez transparente sur ce que j’ai vécu, ce que je vis, sur le fait que c’est difficile. La première fois que j’en ai parlé je me suis rendu compte qu’il y avait beaucoup plus de retours positifs que négatifs, les gens étaient contents de savoir qu’ils n’étaient pas tout seuls. Je partage aussi mon alimentation car comme je le disais je cuisine beaucoup et j’adore ça, j’aime bien partager mes petites recettes.

Je parle beaucoup de mon anorexie, des TCA et de ce qui m’a touchée. […] J’essaye d’être assez transparente sur ce que j’ai vécu, ce que je vis, sur le fait que c’est difficile.

-Cette activité vous fait-elle parfois subir des attaques en ligne ?

-Il y aura toujours des gens pour critiquer, des « haters » comme on dit dans le milieu. Je me rends compte que quand mes vidéos restent dans mon milieu, quand le nombre de vues est moyen, les retours sont plutôt gentils, mais par contre, dès qu’une vidéo perce et touche des gens à l’extérieur, c’est là qu’on a un peu de tout, des gens qui critiquent sur le physique, sur les entraînements, sur ma façon de m’habiller…C’est aussi le jeu quand on est sur les réseaux, on ne peut pas plaire à tout le monde, et il y a des gens qui n’ont aucun mal à dire ce qu’ils pensent même si c’est pour faire du mal. Il n’y a encore jamais eu de grosse attaque au point de mal le vivre même si ça m’a déjà touchée. Comme j’ai la peau claire, on m’a déjà dit « tu n’es pas réunionnaise », ça, ça me touche, sur le reste j’essaye de ne pas trop m’attarder, et j’en parle souvent avec mon compagnon aussi. Si c’est trop méchant je regarde à peine et je ne réponds pas.

-Vous avez franchi le cap des 20 000 followers, qu’est-ce que cela représente et quels sont vos projets ?

-C’est un cap, j’étais assez contente ! La barre des 20 000, ça commence à faire une belle communauté. Après, quand je vois les influenceurs que moi je suis, qui ont beaucoup plus d’abonnés, je me considère encore parmi les petites créatrices de contenu, ça reste encore assez léger, et je ne compte pas changer ma façon de publier.

Là je voulais quand même lancer un jeu concours pour remercier les gens !

-Que peut-on vous souhaiter et y a t-il un message que vous souhaiteriez faire passer ?

-Elle est dure, cette question ! Je pense que si on peut me souhaiter quelque chose, ce serait du bonheur, parce que je pense que c’est la chose la plus importante. Même si je ne réussis pas forcément mes exploits sportifs, même si je dois arrêter Instagram demain, tant que ce que je fais m’apporte du bonheur, ça me va !

Le message que je pourrais faire passer ce serait de ne jamais oublier de s’écouter, de ne pas faire du sport pour les autres, de ne pas manger pour les autres, de ne pas croire tout ce qu’on voit sur les réseaux. Par exemple, la course à pied est devenue une mode et ça a poussé des gens à courir. Mais faire de la course à pied, ce n’est pas obligatoire, il y a plein d’autres sports qui existent, ce sera très bien aussi. Pour ce qui est « manger healthy » aussi. La priorité est de s’écouter.

-Notre média étant dédié à la fois au sport et au cinéma, y a-t-il un film qui vous inspire particulièrement et sur lequel vous voudriez dire quelques mots ?

-Alors ce n’est pas vraiment un film qui m’inspire mais plutôt un film qui m’a beaucoup marquée et que je conseillerais de voir. C’est un film français – j’aime beaucoup le cinéma français – qui s’appelle Je verrai toujours vos visages. C’est un film qui aborde des sujets de violences, violences sexuelles mais aussi vols, braquages, etc, qui m’avait fait beaucoup réfléchir. Je suis aussi une grande fan d’Adèle Exarchopoulos et j’aime beaucoup sa performance dans ce film.

Propos recueillis par Alexandre Taillez
Crédits photos : Laura Demoustier

Merci à Laura pour sa disponibilité ! Retrouvez là sans plus tarder sur Instagram : https://www.instagram.com/laauura_dem/

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