Carrie, la série : une modernisation réussie !

Carrie est de retour ! 50 ans après le film culte de Brian De Palma et 13 ans après la version avec Chloë Grace Moretz, l’adolescente introvertie aux pouvoirs insoupçonnés est cette fois au coeur d’une minie-série disponible sur Prime Video. Les problématiques de notre époque y trouvent leur place et le pari nous semble plus que réussi. Attention, spoilers !

Synopsis

Après la mort soudaine et prématurée de son père, Carrie est propulsée dans l’univers impitoyable d’un lycée public et doit faire face à un scandale de harcèlement viral qui secoue sa communauté, à la pression incessante et à la cruauté des réseaux sociaux tandis qu’en parallèle, un mystérieux pouvoir de télékinésie s’éveille en elle.

Carrie rentre de plain-pied dans les années 2020 !

L’on pouvait se demander quel intérêt il y avait à proposer une nouvelle adaptation du roman culte de Stephen King, mais force est de constater que Mike Flanagan, qui a développé le show, avait de la suite dans les idées.

Le format « mini-série » en 8 épisodes d’une cinquantaine de minutes est parfaitement adapté à notre époque et à la façon dont le public consomme, mais permet également de largement développer l’histoire originale. Carrie, son passé, sa mère, mais aussi les autres protagonistes gagnent nettement en profondeur.

Le choix de placer l’intrigue aujourd’hui, dans les années 2020, est cohérent et source de mises à jour bienvenues. Les smartphones et les réseaux sociaux jouent ainsi un rôle majeur dans les humiliations subies par Carrie.

Autre phénomène hélas très actuel, le harcèlement scolaire. La jeune fille mais aussi bien d’autres de ses camarades en sont victimes, souvent de manière très agressive. Le mal-être des lycéens n’est plus présenté comme une exception ou comme une honte mais bien comme une période vécue par beaucoup et particulièrement difficile à traverser.

Une certaine forme de féminisme est également mise en avant, avec de passionnants rappels historiques lors des introductions des épisodes, même si la véracité et l’objectivité de certains sont plus que discutables, notamment la présentation de Jeanne d’Arc dans le 5e épisode. Par ailleurs, les « méchants » de la série sont essentiellement des jeunes femmes. Précisons enfin que les hommes ne sont pas présentés de manière caricaturale.

Bientôt un « Carrie Cinematic Universe » ?

Cette nouvelle version de Carrie diffère des films en plaçant la jeune fille au coeur d’un phénomène de plus grande ampleur. En effet, même si elle reste l’héroïne principale et que l’on se focalise sur son cas, l’on découvre peu à peu que d’autres personnages ont des pouvoirs surnaturels, y compris sa propre mère. La télékinésie n’est plus le seul don présenté à l’écran.

Summer H. Howell, qui joue Carrie, est un excellent choix. Le contraste entre sa douceur et la froideur de Samantha Sloyan, qui incarne Margaret, sa mère, est saisissant.

Si les fans de la première heure n’accrocheront peut-être pas au ton de cette adaptation, forcément différent du film qu’ils aiment depuis un demi-siècle maintenant, l’on peut légitimement penser que cette série séduira la nouvelle génération.

Les studios semblent optimistes et la conclusion du dernier épisode, qui diffère de la conclusion des films, pourrait largement déboucher sur une deuxième saison et même éventuellement sur des spin-off avec d’autres personnages. Allons-nous voir prochainement un « Carrie Cinematic Universe » ?

De 1976 à 2013, les précédentes aventures de Carrie

C’est donc en 1976, soit deux ans seulement après la sortie du livre de Stephen King, que Brian De Palma proposa sa vision à travers un film devenu culte. Carrie au bal du diable est une référence du film d’horreur, avec Sissy Spacek dans le rôle principal. L’actrice est parfaite, on ne peut plus fragile au premier regard… puis inarrêtable.

Carrie 2 : La Haine, sorti en 1999, est un ovni. Actuellement disponible sur Prime dans une version française québécoise, elle est présentée comme une suite du film original mais se déroule une vingtaine d’années plus tard et présente l’histoire d’une autre jeune fille, dans la même ville toutefois. L’on est clairement sur une série B, reprenant tous les codes du début de la fin des années 90 et du début des années 2000, avec des musiques pop-rocks pour ados, des joueurs de foot américains immatures et pervers comme grands méchants, et même une petite référence à peine voilée à la saga Scream. Pas encore de téléphone portable à l’époque, et des looks déjà démodés chez les ados, sans parler d’une réalisation simpliste et de quelques effets spéciaux douteux, le film a donc déjà vieilli, même si cela lui confrère un certain charme. Cette histoire pourrait presque se dérouler dans l’univers de la série Buffy contre les vampires.

En 2013, Carrie : La Vengeance était un remake pur et simple du premier film. Très critiqué par les puristes, il offrait pourtant une modernisation bienvenue. Certes, la Carrie de Chloë Grace Moretz avait parfois des allures de Jedi de Star Wars, mais l’actrice n’en était pas moins touchante. Julianne Moore, dans le rôle de sa mère, était exceptionnelle.

Photo de couverture : Prime Video

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