NBA : Quand Michael Jordan venait en aide aux victimes du 11 septembre 2001

Les attaques du 11 septembre 2001 ont eu un impact considérable dans le monde entier et, naturellement, au sein de la société américaine. Tout au long de la semaine, 25 ans après les attentats, CinéSport revient sur ces événements et leurs conséquences. Les équipes et athlètes les plus prestigieux ont redoublé de patriotisme et de solidarité, à commencer par Michael Jordan.

Michael Jordan revient… et donne l’intégralité de son salaire

Le 25 septembre 2001, deux semaines après les attentats ayant provoqué la mort de 2 753 personnes, Michael Jordan faisait une annonce qui redonnait un peu de baume au coeur aux Américains : il serait de retour en NBA pour la saison 2001/2002 après 3 saisons loin des parquets. Non plus sous les couleurs des Chicago Bulls cependant, mais avec les Washington Wizards, franchise dont il était devenu actionnaire minoritaire en janvier 2000 mais également président des opérations basket.

Quel rapport avec les événements du 11 septembre ? Le sextuple champion NBA annonçait par la même occasion qu’il reverserait l’intégralité de ses salaires de la saison aux familles des victimes, soit un total de 1 million de dollars. Plus précisément, 100 000 dollars ont été versés au Washington Sports and Entertainment Education Fund, dont le but était de financer l’éducation des enfants ayant perdu un parent au Pentagone, et 900 000 dollars ont été distribués à diverses associations d’aide aux victimes à New York et à Washington.

Certes, le meilleur joueur de tous les temps était déjà richissime, toujours est-il que ce geste dénotait un état d’esprit altruiste. Michael Jordan s’apprêtait qui plus est à enfiler le jersey des Wizards, la franchise de Washington DC, l’une des villes frappées par les attentats. Non, « MJ » n’était pas déconnecté de la réalité et sa générosité en ces circonstances est une ligne méconnue mais pourtant majeure de son inégalable CV.

Un début de saison en forme d’hommage national pour les Wizards de MJ

Les premiers pas de Michael Jordan avec les Washington Wizards se font un mois après la tragédie, le 11 octobre 2001, lors du premier match de présaison sur le parquet des Detroit Pistons. S’ensuivent 7 autres matchs de préparation, dont un face aux New Jersey Nets lors duquel le numéro 23 inscrit 41 points. Mais la saison régulière commence officiellement le 30 octobre 2001 avec une affiche on ne peut plus symbolique : les Washington Wizards se déplacent au Madison Square Garden pour y affronter les New York Knicks. Les deux villes frappées par les terroristes sont réunies dans l’une des enceintes sportives les plus célèbres au monde, pour le grand retour à la compétition de Michael Jordan.

Le match est précédé par une cérémonie quasi religieuse. Un message enregistré par le président George W. Bush est diffusé sur l’écran géant, avant une vidéo hommage aux pompiers, aux policiers, aux sauveteurs, aux familles et aux soldats américains. Le commissaire de la NBA David Stern puis le gouverneur de l’État de New York George Pataki, prennent la parole pour un discours de circonstance, le second prenant le temps de saluer le comeback de Michael Jordan.

La chanson America the Beautiful est reprise en coeur par le public et les joueurs. Des héros du 11 septembre accompagnent les titulaires pendant la présentation des équipes et chacun d’entre eux a droit à une acclamation du public new yorkais. Aux côtés de MJ se tient ainsi le sergent Carl Pendergrass.

Pour la petite histoire, les Knicks s’imposeront de 2 petits points, 93 à 91, malgré les 19 points, 6 passes décisives, 5 rebonds et 4 interceptions de Michael Jordan.

Le premier match des Washington Wizards à domicile a lieu le 3 novembre. « MJ » et ses nouveaux coéquipiers reçoivent les Philadelphia Sixers, privés de leur star Allen Iverson. David Stern est à nouveau présent et prend à nouveau la parole avant la partie, tout comme le Maire de Washington DC, Anthony A. Williams. La capitale fédérale a elle aussi été meurtrie. Le monde a naturellement retenu les images choquantes du World Trade Center, mais l’attaque contre le Pentagone, à Washington, fit pas moins de 125 victimes, en plus des passagers de l’avion détourné.

Comme au Madison Square Garden quelques jours plus tôt, les joueurs sont tous accompagnés par un héros de l’ombre, un pompier, policier ou autre membre d’un service public. Une façon de saluer la dévotion des hommes et des femmes qui, lors des attentats, furent en première ligne.

L’hymne national est interprété par le chanteur R. Kelly, que beaucoup connaissent bien sûr pour sa chanson I Believe I Can Fly, morceau phare de la bande originale du film Space Jam, avec Michael Jordan.

Malgré l’émotion de l’avant-match, les Wizards l’emportent 90-76 avec une nouvelle belle performance du GOAT, Jordan compilant 20 points, 9 passes décisives et 6 rebonds.

Pour l’intégralité de la saison, les maillots de chaque équipe furent ornés d’un patch commémoratif avec un drapeau américain et un ruban reprenant les couleurs de celui-ci.

Ce sont finalement les Los Angeles Lakers qui remportèrent le titre à l’issue de la saison, avec un certain Kobe Bryant, fils spirituel de Michael Jordan et qui s’était lui-même fait faire des chaussures sur mesure avec le drapeau des Etats-Unis pour rendre hommage aux victimes des attentats. Le 11 septembre 2001 était dans toutes les têtes et les victimes dans tous les coeurs.

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