Ne manquez pas le festival STAR’s UP ! Samedi 26 et dimanche 27 septembre, l’événement reviendra à Meudon (Hauts-de-Seine) pour une 8e édition qui fera à nouveau voyager les visiteurs dans l’espace… et dans les mondes de l’imaginaire. Gilles Capelle, l’un des organisateurs du week-end, nous présente le programme et revient sur quelques moments forts des précédentes éditions.
-Avant d’aborder l’édition à venir, comment le festival STAR’s UP est-il né et de quand date la première édition ?
-La première édition a eu lieu en 2019 à l’observatoire de Paris situé à Meudon. La volonté était de faire un rassemblement grand public autour de la science et de l’espace. Il y avait des conférences, des stands, et le soir il y avait eu une très belle projection en plein air du film E.T., l’extra-terrestre. J’en garde de très bons souvenirs.
Dès le début, il y a eu une ambiance festive et très hétérogène. Ensuite, STAR’s UP a dû s’adapter au Covid. En 2020 il y a eu une édition en ligne et, après, il y a eu une édition à la fois en ligne et en physique, avec des jauges limitées. Le festival a pris son envol en s’installant au Hangar Y, à Meudon. Il s’agit d’un ancien hangar à dirigeables fraîchement réhabilité qui nous a donné accès à une grande surface d’exposition permettant de développer notre contenu, nos conférences…
-Quand avez-vous rejoint l’aventure et quel est votre rôle ?
-Lors de la première édition du festival, en 2019, j’ai exposé mes photos sur les lieux de tournage de Star Wars en Tunisie. Au fur et à mesure des éditions, j’ai donné différents coups de main et aidé à des mises en relation. C’est en 2022 que j’ai rejoint « officiellement » l’équipe des organisateurs en créant une seconde journée au festival, une journée « grand public » autour des imaginaires. Je suis donc désormais « programmateur science-fiction, imaginaire et création ».

-Qu’est-ce qui vous a poussé à développer le festival dans ce sens ?
-Nous nous sommes rendu compte qu’il y avait dans le public une grande appétence pour relier la science, la science-fiction et les imaginaires. Le ciel étoilé est l’un des espaces de contemplation les plus magiques. C’est un écran infini sur lequel on peut projeter tellement ! Du concret, de la curiosité, de la science mais aussi de l’abstrait, de l’épopée stellaire, de l’exploration, de la métaphysique… C’est un commun assez puissant… qui peut être vécu d’une manière très personnelle ou collective. L’éclipse de cet été nous a également rappelé les vertus de l’expérience commune… qu’il suffit de simples communs pour se rassembler.
-Pouvez-vous nous donner quelques exemples concrets de ce que vous avez mis en place ?
-Ma volonté était de faire la médiation culturelle autour des œuvres de science-fiction, qu’elles soient littéraires, cinématographiques, ou même du spectacle vivant.
Je vais prendre quelques exemples : l’un des exposants qui nous accompagne depuis le début est en train de battre le record de la plus haute fusée Lego au monde, qui va faire 8,50 mètres et qui est exposée du côté de Vernon. On a aussi un créateur qui fait des œuvres extrêmement fines à base de carton et, cette année, nous allons également proposer de l’impro autour d’une certaine saga étoilée avec la Compagnie du Lait bleu (NDLR : voir notre interview parue en mai dernier).
Nous voulons aider le public à jeter un regard différent sur les imaginaires spatiaux et montrer que la SF ne se résume pas seulement aux blockbusters US.
-Pouvez-vous nous en dire plus sur le programme de cette 8e édition ?
-Nous aurons l’honneur de recevoir Christophe Duquesne et Guillaume Bonneau, qui ont travaillé sur Dune 2 en collaboration avec le célèbre compositeur Hans Zimmer. Ils ont amené leur savoir- faire à la fois technique et artistique sur la création de sonorités nouvelles, alternatives et différentes. Il y aura une masterclass et des ateliers d’écoute.
Il y aura aussi la réalisation d’une recette culinaire dégustée par Sophie Adenot dans l’ISS, qui est le fruit d’une collaboration entre le CNES et la marque Andros. Cela peut faire sourire comme ça mais il y a toute une mécanique qui va être montrée, qui expliquera pourquoi tel ingrédient a été privilégié, de quelle manière on peut créer un robot culinaire de l’espace de la manière la plus efficiente.
On est également fiers d’associer le goût et le terroir au festival cette année en accueillent le Château Margüi, domaine viticole provençal de George Lucas, qui proposera donc des dégustations de vin.
Et bien sûr les expositions de modèles réduits, cosplayers, ateliers de découverte scientifique…

-Le festival est-il accessible aux familles et donc aux enfants ?
-Tout à fait, le festival est gratuit et pour tous. Il y aura aussi des ateliers ouverts dès 3 ans, des ateliers de création de fusées, de coloriage, de création de maquettes en papier, de modèles réduits… Il y aura aussi des surfaces d’exposition sur lesquelles les enfants pourront notamment découvrir un diorama Playmobil de 12 mètres de long préparé par un fan de Star Wars. Il s’est dit que Playmobil n’avait jamais sorti de gamme dédiée à la saga alors il l’a imaginée lui-même. Il y aura aussi un spectacle jeunesse le dimanche matin.
-Thomas Pesquet, Sophie Adenot… les astronautes français créent-ils un engouement particulier pour l’espace dans notre pays ?
-En se baladant dans les allées du festival, les noms de Sophie Adenot et de Thomas Pesquet reviennent assez souvent, oui ! On n’a pas eu l’opportunité de les recevoir mais on y compte bien sur les éditions futures. On sent qu’en termes de médiation scientifique, ils sont vraiment des repère qui parlent au grand public et des tremplins pour la science.

-Un sujet aux allures de science-fiction fait actuellement beaucoup parler, notamment aux États-Unis mais en France également : les Phénomènes Aérospatiaux Non Identifiés (ou PAN, nouveau terme pour désigner les OVNIS). Intéresse-t-il votre public ? L’abordez-vous ou vous en méfiez-vous en raison de ses facettes parfois « sulfureuses » ?
-Oui cela passionne le public bien évidemment, nous l’intégrons au sein du festival.En 2024, nous avons reçu le GEIPAN, l’organisme français sous tutelle du CNES qui s’occupe d’investiguer ce type d’affaires. Nous avions fait une conférence avec Frédéric Courtade, représentant du GEIPAN, et Clémence Dargent, la coscénariste de la série OVNI(s) sur Canal+. Ce fût un formidable échange entre réalité et fiction.
-Vous avez évoqué Star Wars à plusieurs reprises, la saga a-t-elle une place particulière dans ce festival et, sans nous dévoiler de secret, prévoyez-vous quelque chose de spécial pour 2027, année qui marquera le 50e anniversaire du premier film ?
-Comme notre président aime le dire, STAR’s UP est la contraction de Star Wars et de start-up dont oui elle a une place particulière car l’un des marqueurs de la pop culture occidentale et surtout une saga tremplin qui ouvre les imaginaires.
On va bien évidemment essayer de célébrer les 50 ans d’une manière un peu spéciale afin de souligner son impact social et culturel, qui a déclenché de nombreuses vocations à la fois scientifiques et artistiques. On a déjà eu la chance d’avoir des intervenants qui ont commenté et écrit sur la saga, je pense notamment aux auteurs des Guerres de Lucas, à Nicolas Allard, Alexandre Poncet ou Paul Duncan auteur des magnifiques ouvrages de référence sur la saga chez Taschen.
L’une de nos fiertés est d’avoir eu l’immense privilège de recevoir Paul Hirsch, monteur image de Star Wars 4 et 5, qui a été oscarisé par ailleurs.

-Pour conclure, y a-t-il quelques informations pratiques supplémentaires à savoir ?
-Le festival est gratuit, il faut simplement réserver sur le site internet (starsupfestival.fr) et privilégier les mobilités douces. Toutes les informations d’accès sont en ligne. Il ne faut pas hésiter à venir entre amis, en famille, entre geeks, ou tout seul pour vivre une ambiance unique autour de la science, de la découverte et des imaginaires.
Propos recueillis par Alexandre Taillez
Photos : STAR’s UP


