Journée spéciale patinage artistique sur CinéSport ! Pour accompagner notre interview exclusive de Nathalie Péchalat, le film du mercredi de cette semaine n’est autre que Moi, Tonya, sorti au cinéma en 2017 et qui retrace le parcours tourmenté de Tonya Harding, patineuse emblématique du début des années 90. Une oeuvre qui dépasse largement le cadre du sport.
Synopsis
Dans les années 1990, les patineuses Nancy Kerrigan et Tonya Harding sont constamment en rivalité. Tonya a été élevée à la dure par LaVona, sa mère autoritaire qui veut faire d’elle une championne. Peu de temps avant les Jeux de Lillehammer, Nancy Kerrigan est blessée au genou avec une barre à mine…
Un film social
Contrairement aux idées reçues, le premier opus de la saga Rocky était bien plus un film social qu’un film de boxe. Il en va de même pour Moi, Tonya, dans lequel le patinage artistique est très secondaire. Bien sûr, le parcours sur la glace de l’athlète américaine y est présenté, de son plus jeune âge jusqu’à la fin de sa carrière, mais les péripéties extra-sportives prennent le dessus, tant dans le long métrage que dans la vie de Tonya Harding. Contrairement à Rocky, ce film est en effet tiré d’une histoire vraie, et la vie du boxeur a parfois des allures de conte de fées par rapport à la vie de la patineuse.
Dès l’enfance et sans interruption, Tonya est malmenée par sa mère, LaVona Golden, interprétée par l’actrice Allison Janney, qui remportera de nombreux prix pour sa performance (Oscar, Golden Globe, British Academy Film Award…). La violence fait partie intégrante de l’éduction reçue par la jeune fille. Le film laisse parfois planer le doute sur la naturelle réelle de sa mère : est-ce un monstre sans coeur ou est-elle convaincue que ses attaques stimuleront sa fille pour lui permettre d’être meilleure et d’avoir une meilleure vie ? Difficile quoi qu’il en soit de ne pas avoir de l’empathie pour Tonya. Qui plus est, l’homme qu’elle rencontre et qui devient rapidement son mari ne se révèle pas plus doux que sa mère.
Moi, Tonya est une plongée au coeur du milieu « Redneck », avec toute sa complexité. Celui-ci est parfois présenté avec un certain humour noir qui pourra rebuter ou surprendre certains spectateurs.
Tonya Harding, fruit de son environnement
C’est dans cette vie de violence et cette atmosphère extrêmement pesante que Tonya évolue et, bon an mal an, parvient à progresser en tant que patineuse jusqu’à devenir l’une des références de la discipline dans son pays. Elle est par exemple la première Américaine à réussir un triple axel en compétition lors des championnats des États-Unis en 1991 (sur la musique du film Batman, pour l’anecdote !). Son entourage toxique va cependant tout détruire en moins de temps qu’il ne le faut pour le dire.
Nancy Kerrigan est la véritable victime de la grande affaire de janvier 1994. Ne demandant rien à personne, se contentant simplement de se préparer pour les Jeux Olympiques de Lillehammer, elle est ciblée par les proches de Tonya et en subit toute la violence. Il est donc naturel et plutôt sain que le monde ait pris fait et cause pour elle, et logique que les décisions de justice soient allées dans son sens. Pour autant, difficile de voir Tonya Harding comme un bourreau sans foi ni loi. Le film la réhabilite donc quelque peu, sans l’angéliser outre mesure. L’on salue l’implication de Margot Robbie, qui lui prête ses traits avec brio. L’actrice a d’ailleurs pris des cours intensifs de patinage pendant plusieurs mois avant le début du tournage.
Où voir Moi, Tonya ?
Moi, Tonya est actuellement disponible avec les abonnements de base de Canal+, Sooner, Molotov TV, Ciné+ OCS ou encore HBO Max. Il est également disponible à la location et à l’achat sur différentes plateformes de streaming.
Le DVD du film est en vente à partir de 9,40€ sur Amazon (13€ à la FNAC, 16,19€ chez Cultura).
Le Blu-ray est lui au prix de 13,45€ sur Amazon.


