Sam Neill nous a quittés. L’acteur néo-zélandais s’est éteint le 13 juillet 2026 à l’âge de 78 ans. Le public se souviendra bien sûr de son rôle du professeur Alan Grant dans la saga Jurassic Park mais nous tenions aujourd’hui à mettre en avant un autre de ses films, L’Homme bicentenaire, dans lequel il partageait l’affiche avec une autre légende partie trop tôt, Robin Williams.
Synopsis
Suivant la mode de ce début de XXIe siècle, Richard Martin fait l’acquisition d’un tout nouveau robot domestique, le NDR-114, capable d’accomplir l’ensemble des travaux ménagers. L’arrivée du robot est diversement appréciée par les membres de sa famille, éprouvant hostilité ou affection pour cet androïde. En principe dévolu aux rudes tâches ménagères, il s’avère capable d’aimer et d’agir en conséquence.
Le futur fantasmé
Pourtant sorti à l’aube du XXIe siècle (le 17 décembre 1999 aux États-Unis), L’Homme bicentenaire fait encore partie de ces films imaginant des années 2000 prospères, avec des évolutions technologiques majeures. Un phénomène que l’on voyait par exemple dans Retour vers le futur – Partie II.
Dans L’Homme bicentenaire, place au développement robotique, un sujet déjà traité de main de maître dans la littérature par Isaac Asimov, et remis au goût du jour ici par le réalisateur Chris Colombus (Maman, j’ai raté l’avion ! ; Madame Doubtfire ; Harry Potter à l’école des sorciers…), sur un scénario de Nicholas Kazan.
Nous voici donc à une époque où chacun se doit de posséder son propre androïde pour lui faire faire les tâches ingrates, que le commun des mortels ne souhaite plus accomplir. Pour la quasi-totalité des humains, ces robots ne sont que des appareils ménagers améliorés, leur faculté à parler n’étant qu’un atout technique de plus.
Ode à l’humanité avec Robin Williams et Sam Neill
Mais Richard Martin, le père de famille joué par Sam Neill, n’est pas comme Monsieur-tout-le-monde. Quand il s’aperçoit que son modèle d’androïde présente des facultés imprévues, pouvant jouer aux échecs, apprendre et même s’émouvoir dans une certaine mesure, il décide de l’humaniser davantage en lui donnant un prénom et surtout en lui confiant des missions plus nobles.
L’on reconnaît bien les traits si expressifs et mélancoliques de Robin Williams derrière ceux d’Andrew, le nouveau nom de l’androïde.
Les échanges entre les deux protagonistes sont passionnants et s’apparentent plus à ceux d’un professeur avec son élève qu’à ceux d’un propriétaire avec son bien. Le comportement de Richard Martin nourrit la soif de connaissance d’Andrew, qui progresse à une vitesse vertigineuse.
Le côté lumineux du transhumanisme
Le temps passe et les rêves d’indépendance se développent chez Andrew. Alors qu’il reçoit un salaire pour ses services, comme un homme bien réel, il s’offre un nouvel habillage plus vrai que nature. L’appétit vient en mangeant et chaque « opération » en appelle une nouvelle. Au-delà de l’apparence, les sensations d’Andrew sont elles aussi de plus en plus humaines et sa vision des femmes, par exemple, prend une nouvelle tournure.
Suite logique, après moult péripéties que nous vous laissons découvrir, Andrew demande à être reconnu comme humain. Un combat juridique a priori perdu d’avance mais que ses proches comme les spectateurs souhaitent voir aboutir. Ce transhumanisme positif ne peut qu’être soutenu, Andrew montrant plus de valeurs humaines malgré ses origines que bien des humains pur jus. Voilà de quoi se poser de belles et grandes questions philosophiques.
L’Homme bicentenaire pourra être considéré comme un peu niais par certains, d’autres y verront un message de propagande en faveur du transhumanisme ou un biopic à la fois futuriste et poétique accomplissant l’exploit d’attendrir le spectateur avec un robot. Robin Williams est le grand artisan de cette réussite, bien épaulé par Sam Neill, dont la disparition aurait immanquablement fait verser une larme à Andrew.
Où voir L’Homme bicentenaire ?
L’Homme bicentenaire est actuellement disponible avec l’abonnement Netflix de base. Le film est aussi disponible à la location ou à l’achat sur Canal VOD, Apple TV et Prime Video.
Difficilement trouvable dans les boutiques spécialisées, le DVD est en vente en occasion sur les plateformes comme Rakuten ou Vinted mais le tarif est parfois quelque peu élevé, comptez 15 à 20 euros minimum.
Photo de couverture : Columbia TriStar Films


