L’essentiel de la Coupe du Monde 2026 est sur CinéSport ! Chaque jour, nous vous proposons un récapitulatif des matchs s’étant tenus la veille, dans la soirée ou en pleine nuit. Immense désillusion pour l’Équipe de France, éliminée en demi-finale de la compétition par une Espagne intraitable. Les Bleus n’ont pas su développer leur jeu. Ils disputeront le match pour la 3e place samedi à 23 heures (heure française) tandis que la Roja jouera contre l’Angleterre ou l’Argentine (programmé ce mercredi à 21 heures).
France – Espagne (0-2) : les chiffres sont parfois trompeurs
Les statistiques sont souvent un bon indicateur de la physionomie d’un match de football. Possession de balle, nombre de passes, nombre de tirs, occasions, fautes commises… Cette demi-finale ne suit pourtant pas cette logique. Malgré une possession équilibrée (51/49 en faveur de l’Espagne) et même si les Bleus ont obtenu plus de corners, ont d’avantage tiré au but, réussi plus de dribles, plus de centres, subi plus de fautes, leur défaite 2 buts à 0 est on ne peut plus logique, comme le reconnaissent les joueurs eux-mêmes.
Un chiffre est finalement plus révélateur, le total d’expected goals (ou xG), qui indique la probabilité qu’un tir donne un but (par exemple, une frappe à bout portant offre une probabilité bien plus grande qu’une frappe de 30 mètres) . Celui de la France n’était que de 0,3 après 90 minutes de jeu, le plus faible total pour la sélection française depuis que l’entreprise Opta, spécialisée dans les données sportives, décortique les matchs. Malgré son quatuor offensif que beaucoup pensaient inarrêtable, l’Equipe de France s’est montrée inoffensive. En face, le nombre d’xG de l’Espagne atteignait 1,63, un chiffre relativement bas également. Le côté chirurgical de l’équipe espagnole a fait la différence, celle-ci n’ayant eu besoin que de deux tirs cadrés pour inscrire ses deux buts.
Une ouverture du score fatale
La faillite française a été collective comme la réussite espagnole s’est construite en équipe. De Mike Maignan à Kylian Mbappé, en passant par Didier Deschamps, chacun ou presque est passé à côté de son match. Dès le début de la partie, le gardien français était sollicité et tâchait de relancer proprement à ses défenseurs, malgré le pressing adverse et plusieurs situations périlleuses.
Lucas Digne, très bon dans cette Coupe du Monde jusqu’à présent, mettait une balle dans le pied de son équipe à la 22e minute en manquant un dégagement de la tête puis en n’étant pas attentif à ce qui se passait derrière lui alors qu’il tentait de réparer son erreur. Au lieu de ça, il bousculait Lamine Yamal, qui jouait très bien le coup et obtenait un penalty. L’on pourra souligner que la star du FC Barcelone cherchait le penalty et a même touché le ballon du bras, d’autres arbitres auraient ainsi changé leur décision en consultant la VAR, mais l’intervention de Lucas Digne manquait de maîtrise, c’est incontestable. Voilà comment l’Espagne a débloqué la situation, Mikel Oyarzabal tirant parfaitement le penalty, même si Mike Maignan avait plongé du bon côté.
Le début de match avait été plutôt bon et équilibré, mais ce premier but allait mettre le doute dans la tête des Bleus et donner confiance aux Espagnols. Les champions d’Europe 2024 sont parfaitement organisés, notamment défensivement, et les attaquants tricolores tombent régulièrement dans le piège du hors-jeu (même si, là encore, l’impression donnée et les chiffres réels sont différents puisque l’on dénombre 4 hors-jeu côté Français et 5 côté Espagnol).
Choix perdants
La blessure de William Saliba et sa sortie à la 30e minute modifient les plans de Didier Deschamps, même si, il faut le dire, le défenseur d’Arsenal ne s’est pas montré impérial durant ce Mondial, contrairement à son coéquipier Dayot Upamecano.
Autre bouleversement, le carton jaune d’Adrien Rabiot, le seul à tenir la route en première mi-temps au milieu de terrain, que le sélectionneur décidait de remplacer à la pause afin de lui éviter une exclusion. Un choix discutable après coup mais que l’on peut comprendre au regard de la propension des joueurs espagnols à se jeter au sol au moindre contact et à simuler. L’arbitre de la rencontre a par ailleurs montré tout au long de la soirée qu’il n’était pas particulièrement lucide à ce sujet.
Ce n’est en revanche pas l’arbitre qui a choisi de titulariser Aurélien Tchouaméni à la place de Manu Koné, pourtant essentiel lors des rencontres précédentes. Tchouaméni s’est montré transparent et l’entrée de Koné à la place de Rabiot dans un contexte difficile n’a pas apporté ce que l’on pouvait espérer.
Autre choix qui amène à s’interroger, celui d’inclure Bradley Barcola dans le 11 plutôt que Désiré Doué. La vitesse du premier a été préférée à la faculté du second à jouer dans les petits espaces. Curieux.
Bleus à l’âme
Les trois têtes d’affiche ont été méconnaissables, à commencer par Michael Olise, étouffé par la défense espagnole. Kylian Mbappé a tenté, driblé, joué physique quand il le fallait, tiré, mais sans précision. L’on a peu vu Ousmane Dembélé qui a certainement dit adieu à ses espoirs de remporter un second Ballon d’Or.
L’homme du match se trouve logiquement du côté espagnol, Rodri ayant été le véritable patron de l’entre-jeu de la Roja, donnant le ton à son équipe.
Le deuxième but, inscrit à la 58e minute par Pedro Porro est un petit bijou collectif. Parti de son côté droit et après avoir effacé deux adversaires, le défenseur combine avec Dani Olmo, le une-deux est parfaitement réalisé, Pedro Porro se retrouve dans la surface et trompe Mike Maignan du pied droit. Lamine Yamal pense même inscrire un troisième but 3 petites minutes plus tard mais celui-ci est annulé en raison d’un hors-jeu. 2-0, score final et score logique.
La dernière danse de Didier Deschamps
Après le match, Didier Deschamps a certes évoqué l’arbitrage parfois douteux mais a surtout reconnu la supériorité espagnole dans cette demi-finale. Le sélectionneur français, adulé quelques heures plus tôt, était immédiatement la cible de nombreuses critiques. Si certains de ses choix, tant dans la confection de son groupe pour ce Mondial que lors de ce France-Espagne paraissent discutables, son bilan à la tête des Bleus reste extrêmement solide avec un titre mondial en 2018, une finale en 2022 et une demi-finale en 2026, sans oublier une finale de l’Euro en 2016 et une demi-finale en 2024, et même un titre en Ligue des Nations en 2021.
Didier Deschamps devra remobiliser ses troupes pour aller chercher une 3e place dans la nuit de samedi à dimanche (coup d’envoi à 23h00, en direct sur M6 et beIN Sports) et, après 14 ans à la tête des Bleus, il pourra quitter ses fonctions avec, quoi qu’on en dise, le sentiment du devoir accompli.
Le programme des demi-finales (+ finale et petite finale)
France – Espagne (0-2), le mardi 14 juillet à 21h00 (M6 et beIN Sports)
Angleterre – Argentine, le mercredi 15 juillet à 21h00 (M6 et beIN Sports)
Match pour la 3e place, le samedi 18 juillet à 23h00 (M6 et beIN Sports)
Finale, le dimanche 19 juillet à 21h00 (M6 et beIN Sports)
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Photo de couverture : CinéSport


