Histoire, joueurs emblématiques, photos exclusives… Les Chicago Blackhawks ont 100 ans !

100 ans pour les Blackhawks ! Alors que la NHL reprend ses droits, CinéSport vous propose de plonger dans la grande histoire de la franchise de hockey sur glace de Chicago et dans les moments forts déjà vécus en cette année 2026. Après avoir salué Jonathan Toews en janvier, les Blackhawks ont fait revenir une autre de leurs légendes, Patrick Kane. Une aide précieuse pour le jeune Connor Bedard…

CinéSport a une tendresse particulière pour le hockey sur glace. La Ligue Magnus est l’un des championnats qui attire le plus de public en France malgré une médiatisation très légère et nous avions pu constater l’engouement populaire en avril dernier à l’occasion d’un match de playoffs entre Angers et Grenoble. Aux Etats-Unis et au Canada, la NHL est l’une des ligues les plus importantes et possède une riche histoire. Les Chicago Blackhawks, bien qu’actuellement en reconstruction, sont l’une des plus glorieuses franchises et méritaient bien que l’on s’attarde sur son histoire en cette année si particulière. Vous retrouverez d’ailleurs ci-dessous quelques photos d’archives exclusives.

Premier match officiel en 1926, première Coupe Stanley en 1934

C’est donc en 1926 que les Blackhawks voient le jour. La franchise est en fait une nouvelle mouture des Portland Rosebuds, franchise existante rachetée par l’homme d’affaires Frederic McLaughlin et transférée dans sa ville natale de Chicago. Le nom est inspiré par celui du chef amérindien Black Hawk, de la tribu Sauk, qui vivait sur les terres de ce qui est devenu l’état de l’Illinois.

Les Chicago Black Hawks (en deux mots, ils deviendront les Blackhawks en 1986 seulement ; le surnom « Hawks » est par ailleurs toujours très populaire aujourd’hui) intègrent donc la NHL pour la saison 1926/1927 et disputent leur premier match officiel le 17 novembre (victoire 4 buts à 1 contre les Toronto St. Patricks, une ancienne franchise). Ils atteignent immédiatement les playoffs avec 19 victoires et 22 défaites mais sont vaincus par les Boston Bruins au 1er tour.

Reproduction du ticket d’entrée du premier match de l’histoire des Chicago Black Hawks, actuellement en vente dans la boutique officielle de la franchise cbhshop.com

Ils disputent leur première finale dès 1931 mais doivent laisser la Coupe Stanley aux redoutables Canadiens de Montréal. Ce n’est que partie remise car, trois ans plus tard, en 1933/1934, pour leur 8e saison en NHL seulement, ils remportent le Graal. Montréal n’était qu’un obstacle sur le chemin cette année-là, franchi dès le premier tour, avant que Chicago ne vienne à bout des Maroons de Montréal (franchise disparue depuis) et des Detroit Red Wings.

En 1937/1938, malgré une saison régulière médiocre (14 victoire pour 25 défaites), les Blackhawks sont qualifiés en playoffs et vont au bout du parcours, s’imposant cette fois contre les Maple Leafs lors de la finale. Pas de nouveau miracle lors des saisons suivantes, et la franchise vit même une traversée du désert.

Traversée du désert et nouvel âge d’or, avec Stan Mikita et Bobby Hull

Lors des 20 saisons suivantes, les Blackhawks manquent les playoffs à 14 reprises, même s’ils vont jusqu’en finale de la Coupe Stanley en 1944.

Entre 1958 et 1997, soit pendant 39 ans, ils ne les rateront qu’une fois en tout et pour tout ! Cette période n’est cependant concrétisée « que » par une Coupe Stanley, glanée en 1961 après une nouvelle victoire contre les Red Wings en finale. Cette génération s’incline quatre fois en finale, en 1962 face aux Maple Leafs puis en 1965, en 1971 et en 1973 face aux Montréal Canadiens (encore eux !).

Avec 1394 matchs de saison régulière et 155 matchs de playoffs, disputés entre 1958 et 1980, Stan Mikita est de loin le joueur le plus capé des Blackhawks. Il est également le leader de la franchise aux points marqués (addition des buts et des passes décisives).

Bobby Hull (membre des Blackhawks entre 1957 et 1972) est pour l’heure le 2e joueur le plus capé en saison régulière même s’il devrait – sauf catastrophe – être rapidement dépassé par Patrick Kane, dont nous reparlerons.

Une nouvelle génération portée par Jeremy Roenick et Steve Larmer atteint la dernière marche en 1991/1992 mais ce sont les Pittsburg Penguins qui remportent la Stanley Cup.

Reconstruction et Dynastie

La deuxième période creuse de la franchise commence donc en 1997/1998 et s’achève en 2008. Une seule et brève apparition en post-saison est à signaler lors de cette décennie mais Chicago a profité de cette période pour entamer une reconstruction qui s’avérera brillante, exceptionnelle.

Dès l’arrivée du coach Joel Quenneville, lors de la saison 2008/2009, ils enchaînent 9 qualifications en playoffs mais s’offrent surtout la bagatelle de trois Coupes Stanley ! Ils terrassent les Philadelphia Flyers en 2010, les Bostons Bruins en 2013 et le Lightning de Tampa Bay en 2015, 4 victoires à 2 à chaque fois et à l’issue de parcours épiques en playoffs.

Jonathan Toews, Chicago vous salue bien !

Jonathan Toews est l’un des visages de la Dynastie des années 2010. Drafté par Chicago en 3e position en 2006, il ne rejoint la NHL qu’en 2007 et est nommé capitaine de son équipe dès 2008. Il évolue au poste de centre et est donc très polyvalent.

Il reçoit de nombreuses récompenses individuelles durant sa carrière : membre de l’équipe des meilleurs débutants en 2007/2008, 6 participations au All-Star Game ou « Match des étoiles », meilleur joueur des playoffs en 2010, joueur défensif de l’année en 2013, leader de l’année en 2015, nommé parmi les 100 plus grands joueurs de l’histoire de la NHL en 2017… sans oublier ses deux titres olympiques avec le Canada en 2010 et 2014 !

Jonathan Toews est une légende des Blackhawks et le bouillant public de Chicago ne l’a pas oublié. Alors que le joueur avait quitté la franchise en 2023, fortement touché par le Covid, il réalisa un come-back en NHL la saison dernière sous les couleurs des Winnipeg Jets, une franchise canadienne.

Le 19 janvier 2026, à l’occasion du déplacement des Jets à Chicago, il reçut une standing ovation exceptionnelle, pour ne pas dire l’une des plus longues de l’histoire du sport ! Un moment particulièrement émouvant pour le joueur, sa famille et les fans.

Le 19 juin dernier, 5 mois jour pour jour après ce match, Jonathan Toews annonçait sa retraite.

Patrick Kane, le retour d’une légende

Voilà pourquoi nous disions un peu plus tôt que Bobby Hull devrait être prochainement dépassé dans certains classements historiques par Patrick Kane : l’autre joueur emblématique de la Dynastie a fait son retour chez les Blackhawks cet été !

Les Blackhawks ont eu de la chance et ont pu sélectionner deux joueurs majeurs en deux ans. Patrick Kane fut ainsi le 1er choix de la draft en 2007 et a immédiatement rejoint Chicago, en même temps que Jonathan Toews, donc. Son palmarès ? Outre les trois Coupes Stanley, Kane a été désigné dans l’équipe des recrues en 2008 avec son coéquipier. Kane est même lauréat du Trophée Calder qui récompense le meilleur « rookie ». Il fut nommé dans la meilleure équipe de la NHL en 2010, 2016 et 2017, meilleur joueur des playoffs en 2013, a participé à 9 matchs des étoiles… Il reçoit le trophée Hart et le prix Ted Lindsay à l’issue de la saison 2015/2016. Le premier est l’équivalent du trophée de MVP en NBA tandis que le second est dans le même esprit mais est le fruit du vote des joueurs.

Il fait lui aussi partie des 100 meilleurs joueurs de l’histoire de la ligue et a même gagné le prix du but de la décennie grâce à son but contre Boston le 9 juin 2010, qui offrit la première Stanley Cup des Blackhawks depuis 1961. Attention, yeux de lynx nécessaires pour voir le palet entrer au fond des filets !

Bedard, le présent et l’avenir

Nous vivons actuellement la 3e période difficile de la franchise, qualifiée une seule fois en playoffs depuis la saison 2017/2018. S’il est impossible de prédire l’avenir et très improbable que les Blackhawks connaissent une reconstruction aussi efficace que lors des années 2000, les maillons assemblés peu à peu devraient permettre à Chicago de remonter prochainement dans la hiérarchie. Il faut bien sûr citer le nom de Bedard. En 2023, 16 ans après la draft ayant permis de recruter Patrick Kane, les Blackhawks obtenaient à nouveau le premier choix et misaient sur le jeune Canadien Connor Bedard, né en 2015 et présenté comme un talent générationnel.

L’attaquant a vite montré ses qualités et obtenu le trophée de meilleur débutant et même une sélection au All-Star Game dès sa première saison, un accomplissement très rare. Sa progression se poursuit depuis bien que les résultats collectifs soient un brin décevants. Malgré quelques blessures, notamment une blessure à l’épaule qui lui fera manquer les premières semaines de cette saison 2026/2027, Connor Bedard et la franchise se sont entendus pour une prolongation de contrat de 5 ans, preuve de la confiance placée en lui.

Le public de Chicago espère bien sûr qu’il sera sur les patins le 17 novembre pour le match des festivités du centenaire, contre Toronto. Le visuel officiel de la rencontre réalisé par la franchise met en tout cas le joueur à l’honneur.

Le match du centenaire des Chicago Blackhawks aura lieu 100 ans jour pour jour après le premier match de la franchise en NHL

Reportage : petit voyage dans le temps, en mars 2017

En mars 2017, 9 ans avant le lancement de CinéSport, l’occasion me fut donnée d’assister à un match des Blackhawks au mythique United Center, qui est également l’antre des Chicago Bulls en NBA.

La franchise est encore l’une des meilleures de NHL à l’époque et peut toujours compter sur le duo Kane-Toews. L’adversaire du jour ? Le Colorado Avalanche.

Pour un spectateur français, le changement de décor est stupéfiant. Les boutiques, les coursives et bien sûr la salle ont été totalement transformées en un jour ou deux. Si cela était possible, la configuration NHL donne encore davantage une sensation d’immensité à cette arène.

L’avant-match est l’occasion d’admirer les statues des glorieux anciens.

Des affiches géantes présentent les joueurs de l’équipe.

L’entrée du United Center est sécurisée comme un aéroport ! Corey Crawford et Patrick Kane veillent également…

Le calme avant la tempête.

L’ambiance se révèle très différente de celle des matchs des Bulls, découverte quelques jours plus tôt. Alors que le public est très international en NBA, il semble que celui des Blackhawks soit beaucoup plus local. Beaucoup portent le jersey de la franchise et les encouragements pendant le match sont bien plus nourris que lors des matchs de basket. L’engouement est également magnifique au moment où retentit l’hymne national américain, d’autant plus qu’un vétéran de l’armée est présent au bord de la glace et apparaît sur les écrans géants. La foule accompagne donc la musique avec des cris de soutien. Le patriotisme « made in USA » !

Les Blackhawks vont offrir un spectacle dantesque. L’inimitable Patrick Kane ouvre le score mais Mikhail Grigorenko marque lui deux fois dans le premier tiers-temps. Les visiteurs inscrivent un nouveau but et mènent 3-1 après 40 minutes de jeu. La partie semble mal embarquée, c’est du moins ce qui me vient à l’esprit, mais c’est mal connaître le hockey sur glace et c’est mal connaître les Chicago Blackhawks.

À la moitié du dernier tiers-temps, un vent de folie s’empare du United Center et Chicago marque trois fois en moins d’une minute. Toews est l’un des buteurs et récidive quelques minutes plus tard, portant le score à 5-3. Peut-être est-ce grâce au fameux vétéran évoqué plus tôt ? L’homme est réapparu sur les écrans géants, provoquant une nouvelle standing ovation au beau milieu de la partie, de quoi instaurer une énergie très positive !

L’Avalanche tente le tout pour le tout et fait sortir son gardien, mais Marcus Kruger en profite pour marquer dans le but vide. 6-3, score final.

Les bannières de champion des Blackhawks font face à celles des Bulls.

Les deux franchises sont étroitement liées et les fans de Blackhawks ne manquent pas l’occasion d’aller admirer la statue de Michael Jordan.

Si Chicago ne remportera pas le titre cette année-là, avoir vu à l’oeuvre deux des figures emblématiques de la franchise au sommet de leur art donne la nette impression d’avoir été le témoin d’un joli moment de la grande histoire des Blackhawks. Quel privilège !

Texte et photos : Alexandre Taillez

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