Dans ce 4e numéro des chroniques de Guillaume Warmuz, l’ancien gardien de but du RC Lens, du Borussia Dortmund ou encore de l’AS Monaco aborde le sujet de la coupe d’Europe. Un moyen unique de progresser et de découvrir de nouveaux adversaires… mais encore faudrait-il que les clubs français hors PSG conservent leurs meilleurs joueurs ! Cette chronique est aussi l’occasion de rendre hommage à Vladimir Smicer, ami de longue date de Guillaume.
Ce que représente la coupe d’Europe pour un footballeur
C’est la dimension la plus élevée. Quand on joue des matchs de coupe d’Europe, ça veut dire qu’on a fini dans le premier tiers du championnat la saison précédente. C’est donc là que se retrouvent les meilleures équipes européennes. Peu importe la nationalité, peu importe le championnat, ce sont les meilleures équipes européennes.
Jouer la coupe d’Europe, c’est la plus belle récompense qui puisse exister après celle d’être appelé en sélection nationale, ça c’est la plus belle des récompenses.
Ce sont ces matchs-là qui permettent de progresser énormément dans une carrière, ils ont donc une importance capitale.
Le PSG et les clubs français sur la scène européenne
Paris est devenu un très grand club. On reprochait au PSG de ne pas avoir de racines, d’être un club qui ne gagne pas sur la scène européenne, mais tout ça c’est terminé depuis l’arrivée de Luis Enrique. Quand son équipe est en difficulté il trouve les solutions, remobilise ses troupes…et Paris a donc gagné deux fois la Ligue des Champions sous ses ordres !
Mais comment expliquer qu’aucun autre club français n’ait gagné l’Europa League ou même la Conference League ? On n’était pas loin d’y arriver avec Lens en 2000, quand l’Europa League s’appelait encore « Coupe de l’UEFA ».
Peut-être que notre niveau intrinsèque, le niveau de notre championnat, n’est plus aussi fort qu’à l’époque, puisque ça fait même longtemps qu’on n’a plus été en quart, en demi-finale ou en finale. Ça veut dire que les équipes des autres championnats ont comblé leur niveau. Là, il y a une vraie question par rapport au niveau de notre championnat, qui ne permet plus de briller en Europe. Il faudrait surtout que les meilleurs joueurs restent en L1. En 1998, beaucoup des champions du monde évoluaient en France, notamment Fabien Barthez, Laurent Blanc, Thierry Henry, David Trezeguet, Stéphane Guivarc’h, Christophe Dugarry… Moi, pendant la saison 1997/1998, j’arrête un penalty de Laurent Blanc par exemple ! Nos équipes avaient une aura internationale.
Même sans gagner les coupes d’Europe, on avait tout de même de meilleurs résultats. Dans les années 90 et au début des années 2000, en dehors de la victoire de Marseille en 1993, Monaco a été en demi-finale et en finale de C1 à plusieurs reprises, Nantes en demi-finale de C1, Auxerre et Lens en demi-finale de Coupe de l’UEFA, Bordeaux en finale de Coupe de l’UEFA, Lyon en demi-finale de C1… Avoir des joueurs du calibre de Juninho, par exemple, permettait aux clubs d’aller beaucoup plus loin.
Odessa-Lens 1995, l’essence de la coupe d’Europe
C’était une chance unique de jouer la coupe d’Europe. Je me souviens notamment d’un match à Odessa, en Ukraine, alors qu’ils sortaient à peine du bloc communiste. Un match intemporel, improbable… Ça apporte une expérience nouvelle, une expérience dans laquelle nous n’avons pas de repères.
On ne connaît pas les joueurs adverses, on ne connaît pas le stade… C’est une atmosphère très particulière. On peut étudier ça avant le match, bien sûr, mais il faut être plus attentif car tout est nouveau.
Le Slavia et mon ami Vladimir Smicer
Lens est donc à nouveau européen cette année. On peut dire tout ce qu’on veut mais aller chercher une victoire à Prague dans les dernières minutes, ce n’est pas donné à tout le monde. Ce n’est pas galvaudé, Lens a été capable de faire une belle performance à l’extérieur, dans un stade plein, les joueurs ont mis la pression pour revenir et mettre le 3e but… c’est bien !
Je ne vais pas dire l’inverse de ce que j’expliquais plus tôt, les Tchèques, jusqu’à preuve du contraire, ont toujours eu de bons footballeurs. Le Slavia a formé de bons joueurs comme mon ami Vladimir Smicer à qui je fais un clin d’oeil.
C’était un très grand joueur, de classe mondiale. Il nous avait éliminés de la Coupe de l’UEFA en 1995 quand il jouait encore au Slavia, puis il nous a rejoints, on a gagné des titres, il est parti à Liverpool où il a été champion d’Europe… Il lui manque juste un titre avec sa sélection nationale mais son palmarès est à la hauteur de sa classe.
On est amis et il est venu à l’inauguration de mon stade à Blanzy en 2025, et moi, peu après, je suis allé à l’inauguration du stade à son nom avec les anciens de Liverpool. C’est une rencontre géniale dans mon parcours.
Bientôt de retour à Bollaert ?
Je pouvais plus facilement venir à Lens quand je faisais les stages de la GWS Academy à la Gaillette mais je vais essayer de trouver une date pour venir assister à un match à Bollaert.
Lens est mon club et c’est avec un grand plaisir que j’y retournerai.
Guilaume Warmuz
Pour lire ou relire les chroniques précédentes :
Les chroniques de Guillaume Warmuz #1 : La dimension mentale
Les chroniques de Guillaume Warmuz #2 : La Coupe du Monde
Les chroniques de Guillaume Warmuz #3 : la GWS Academy en Corse, le cas lensois, hommage à Franck Raviot…
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