Angel (Cartoon Machine) : « On a fait ça pour les rockeurs avec une âme d’enfant. »

Découvrez-en plus sur Cartoon Machine ! De plus en plus populaire, tant sur le Web qu’en concert, le groupe de rock nous offre une bouffée d’air frais en réinterprétant des chansons de dessins animés. Parcours, état d’esprit, concerts à Disneyland et au Hellfest, nouvel album…Angel, cofondateur et chanteur de la bande, nous raconte tout !

-Comment l’idée de faire des versions rock de chansons de dessins animés vous est-elle venue ? Est-ce le fruit d’une soirée un peu trop arrosée entre copains ?

-Presque, oui ! J’étais en tournée avec des copains et un beau soir on a commencé à chanter des Disney en imaginant ça en version rock. Un délire de soirée mais l’idée est restée. Je me suis dit « on a beau être punk, métalleux ou tout ce qu’on veut, et malgré l’image qu’on peut avoir, on a quand même tous regardé des dessins animés ». Il se trouve qu’à l’époque je vivais en colocation avec le guitariste du groupe, en rentrant de cette tournée je lui ai soumis l’idée et c’est parti comme ça, tout simplement.

On a fait ça dans la cave, on a fait une dizaine de morceaux, on a trouvé ça sympa, et on s’est dit « qu’est-ce qu’on fait de ça maintenant ? ». C’est là que nous avons fait un premier clip, en 2013.

-Concrètement, quand et comment avez-vous lancé Cartoon Machine ?

-On va dire qu’il y a deux périodes pour le groupe, celle où l’on commence à faire des clips, en 2013 donc, et celle où l’on commence à faire des concerts, et ça c’est en 2020. Ce sont les deux moments clés du groupe.

Au début c’était juste pour rigoler, on était déjà musiciens dans d’autres formations et l’hiver, quand on avait un peu plus de temps, ce projet-là nous faisait marrer. On en faisait 1 par an, tranquillement, pour rigoler et pour faire quelque chose de ce qu’on avait composé. Ce qui s’est passé c’est que la sauce a pris avec les clips et, à force, on a eu pas mal de gens qui ont commencé à nous suivre sur les réseaux.

En 2019, le guitariste et moi avons quitté le groupe dans lequel on était, on n’avait plus rien, on ne savait pas quoi faire et on s’est dit « mais on a tout ce qu’il faut, on a déjà des morceaux et on a déjà des gens qui nous suivent. Est-ce qu’on est prêt, est-ce qu’on est chaud, est-ce qu’on se sent de faire une heure et demie de concert de dessins animés ? De pousser le projet à fond ? ». C’est là qu’on s’est dit « on essaye, on y va ! ».

On a pu se préparer pour la saison de 2020, on était super contents parce qu’on avait 20 dates prévues mais il y a eu le Covid et finalement ça s’est fini avec 3 dates, avec un public assis et avec des masques.

-Pouvez-vous résumer l’état d’esprit et le style de Cartoon Machine en quelques mots ?

-J’aime beaucoup utiliser le terme « fun ». Je ne dirais pas que c’est de l’humour, on ne fait pas de blagues ou de choses comme ça, mais il y a un côté drôle quand même de reprendre « Ce rêve bleu » en rock, et c’est assez drôle de voir des barbus ou des punks danser sur ça ou chanter ça avec nous. J’aime beaucoup le décalage qu’il y a.

On ne fait pas de blagues ou de choses comme ça, mais il y a un côté drôle quand même de reprendre « Ce rêve bleu » en rock, et c’est assez drôle de voir des barbus ou des punks danser sur ça ou chanter ça avec nous.

-Pouvez-vous présenter les membres du groupe et pourquoi pas comparer chacun d’entre vous à un personnage de dessin animé, pour que nos lecteurs puissent mieux les cerner ?

-C’est une bonne question mais est-ce que je vais trouver la bonne réponse ! Je ne sais pas pourquoi mais on aime bien comparer le bassiste Geo à une tortue ninja, probablement parce qu’il est chauve, et puis il est un peu carré ! Après on a Robin, qui est le batteur et qui est le plus jeune, c’est un personnage de Cars parce qu’il est rapide comme l’éclair. On a Flo, ça pourrait être Simba, il est cool et il est un peu petit, bonne vibe… Moi je suis le chanteur… c’est encore plus dur pour soi-même ! On va dire Tarzan ou Mowgly, j’ai des cheveux longs, des dreads, donc voilà !

-Savez-vous si, depuis le début de l’histoire de l’humanité, Cartoon Machine est le seul groupe à avoir joué à Disneyland Paris mais aussi au Hellfest ?

(rires) -Ce serait beau ça ! Je n’ai pas la réponse mais je ne suis pas sûr qu’un autre groupe ait joué au Hellfest et à Disney. Il est possible qu’on soit les seuls !

-Justement, pouvez-vous nous raconter ces expériences a priori très différentes ?

-On est dans deux mondes différents mais on est très fiers d’être dans les deux endroits. Les deux endroits reflètent exactement la fusion de notre projet. C’est à dire que d’un côté il y a le côté Metal/punk qui est présent chez nous, bien qu’il soit adouci par les jolies mélodies, mais de l’autre côté on est super fiers aussi de jouer à Disney, « la maison mère » comme on dit. On connaît tous les dessins animés Disney et on en a chacun un qui nous a marqué.

On a la chance de commencer à avoir une visibilité importante donc les gens commencent à savoir qu’on existe. Pour Disney on a quand même rencontré un programmateur lors d’un événement professionnel à Nantes, il était tombé sur ce qu’on faisait et avait trouvé ça génial, ça s’est concrétisé l’année qui a suivi et depuis il nous rappelle tous les ans.

-Disney a pourtant une image parfois assez « stricte »…

-On ne joue quand même pas dans le parc en lui-même, ce qui me semble être cohérent puisque le parc est quand même très féérique, je pense qu’on n’y aurait pas notre place. Du coup ça se passe au Disney Village, au Billy Bob’s, l’espèce de bar avec la décoration western. Ce qui est cool c’est qu’on est dans l’univers Disney sans être dans le parc, et là c’est assez cohérent qu’on soit là, en plus tout le monde peut venir, c’est gratuit. On aime bien jouer là-bas ! Ce ne sont pas les meilleures conditions techniques pour nous parce que la scène est relativement petite mais par contre on est dans cet univers qui colle parfaitement à notre projet et ça c’est trop bien.

Cartoon Machine donne à nouveau rendez-vous à son public au Disney Village le 31 octobre prochain à l’occasion d’Halloween !

-Plus globalement, les concerts semblent être un aspect majeur de la vie de votre groupe, est-ce le cas ?

-Oui, complètement ! On vient de la scène et on fait ça pour la scène. On travaille beaucoup sur nos clips mais le but final est la scène. Il ne s’agit pas d’un spectacle, je considère quand même que ça reste un concert de rock. Il peut y avoir des programmateurs qui ne savent pas nous placer parce qu’ils imaginent qu’on est fait pour un public d’enfants parce qu’on fait des chansons de dessins animés alors qu’en fait, on a été faits pour un public d’adultes, de rockeurs. Il se trouve que c’est assez ouvert, c’est facilement écoutable malgré le côté rock et Metal, ce qui fait que les gens amènent leurs enfants, il y en a beaucoup à chaque concert, mais on n’a pas fait ça pour les enfants. On a fait ça pour les rockeurs avec une âme d’enfant.

-Comment a été accueilli votre premier album, sorti en 2024 ?

-Il est assez particulier parce que les morceaux qui sont sur l’album étaient déjà tous connus du public, puisque ce sont les morceaux qu’on a fait en clips à partir de 2013. À la base, je ne voulais pas sortir de CD parce qu’aujourd’hui on sort beaucoup de single, ce n’est plus comme avant où on sortait des albums, même si ça se fait encore.

Nous, quand on sortait un clip, on le mettait en single, c’était notre stratégie depuis le début. Sauf que lorsqu’on a commencé à faire des concerts, la demande de CD était quand même présente, ça m’a étonné, et ce sont les collègues qui m’ont dit qu’il fallait en faire. J’ai dit « ok ! ».
Le CD continue à être un pilier de nos ventes à la boutique pendant les concerts.

On vient de la scène et on fait ça pour la scène. On travaille beaucoup sur nos clips mais le but final est la scène.

-Il paraît qu’un second album est en préparation, quelles sont les nouvelles à ce sujet ?

-Effectivement, on travaille sur un futur album. On aimerait le sortir cette année même si ce sera peut-être pour début 2027. On ne veut pas se mettre la pression, on a déjà fait des prises mais on veut être content de nos morceaux donc on va prendre un peu de temps, et puis là on a été arrêtés par la tournée de l’été. Mais oui, un prochain album est en cours.

Sur internet, on sort rarement de nouveaux morceaux, d’un côté c’est un inconvénient parce que les gens sont friands de nouveautés, mais d’un autre côté j’aime bien aussi parce que, quand ils viennent nous découvrir en concert, ils ne connaissent que 8 ou 10 de nos morceaux et j’aime qu’ils soient surpris d’en découvrir d’autres. J’aime beaucoup ce côté-là et j’essaye de garder ce côté surprise. On a 10 morceaux sur internet mais on en joue 22 ou 24 ! Avec des ambiances différentes, et souvent ça surprend les gens.

-Il y a énormément de chansons de dessins animés cultes, et vous vous inspirez aussi parfois de musiques de films, il y a par exemple un morceau inspiré par Star Wars, alors comment choisissez-vous les titres que vous allez reprendre ? 

-Forcément on a commencé par ceux qui nous parlaient le plus, Flo et moi. Nous, on est plutôt de la génération Aladin, Le Roi Lion, les choses comme ça donc ça a commencé là-dessus. Et il faut dire que les dessins animés de cette époque-là étaient riches en morceaux, maintenant ça se perd un peu. Il y en a encore dans Encanto ou La Reine des Neiges, mais par exemple il n’y en a pas dans les Pixar.

Après on s’est fait une liste de tous les morceaux qu’on connaissait. On parle beaucoup de Disney parce qu’il y a beaucoup de morceaux mais il y a d’autres choses, des génériques comme celui des Tortues Ninja, Les Animaniacs… Tous les morceaux ne peuvent pas être repris en rock. On essaye aussi de donner de nouvelles ambiances. Selon le style qu’on arrive à faire avec un morceau, on le concrétise ou pas.

Au sujet des films, on ne sort pas vraiment de morceaux. C’est vrai qu’on a fait Star Wars mais quand on fait des musiques de films c’est plutôt pour les utiliser comme interludes. Dans le concert il y a deux ou trois références comme ça. Ce n’est pas la ligne principale mais j’estime que ça reste cohérent parce que ça fait partie des références qu’on peut avoir. La structure de base, ce sont les dessins animés, mais je ne trouve pas ça incohérent d’avoir un film de temps en temps.

-L’un de vos titres m’a particulièrement marqué, « Les cloches de Notre-Dame », issu de la version Disney du Bossu de Notre-Dame. Est-il le morceau parfait pour une adaptation Metal ?

-C’est exactement ce que je disais, il y a des morceaux qui ont une ambiance, on sent déjà dans l’original que ça peut être du Metal ! L’ambiance est un peu « dark ». On est loin de « Je voudrais déjà être roi ! ». Il y a un côté épique qu’on retrouve souvent dans le Metal et c’est naturellement qu’on est parti là-dessus.

-Je vais vous citer 5 chansons de dessins animés : du tac au tac, pouvez-vous me dire si elles ont du potentiel et pourraient un jour être reprises par Cartoon Machine ou si, non, ça n’arrivera jamais ? Pour commencer, quid du générique de Ken le Survivant ?

-Je dirais plutôt non pour Ken le Survivant. Je fais partie des gens qui composent et je ne le connais pas bien, je ne vais pas aller naturellement dessus. Là par exemple je ne pourrais pas le chanter, je ne le connais pas.

-Le thème des Chevaliers du Zodiaque ?

-Ah, ça pourrait en faire partie oui, une version punk/Metal !

-Le générique des Merveilleuses Cités D’or ?

-Ce sont des génériques assez anciens tout ça ! Effectivement, ça aussi ça pourrait faire partie des morceaux à faire.

-Celui de Dragon Ball Z ?

-Ah oui, carrément ! D’ailleurs, on n’a pas beaucoup de références à des mangas et on aimerait peut-être essayer d’en rentrer un peu, même si c’est vrai qu’on a moins été bercés par ça. Mais effectivement, le générique de Dragon Ball Z, ça pourrait complètement rentrer !

-Et enfin, « Je suis ton ami », la chanson de Toy Story ? Et pourquoi pas même envisager une collaboration à CharlElie Couture, l’interprète original en français ?

-Ce morceau m’interpelle vachement, je ne sais pas encore comment le reprendre mais ce serait vraiment chouette de faire un truc. Alors en plus, si on arrivait à avoir des contacts, pas uniquement sur ce morceau d’ailleurs, on aimerait ça parce qu’on est friands des featurings. On aimerait faire des choses avec d’autres chanteurs, d’autres musiciens. Ce morceau-là est très beau, il y a quelque chose à faire avec celui-là oui, c’est sûr. C’est l’exception de Pixar !

-Pour conclure, donnons quelques infos pratiques aux lecteurs : où peut-on vous écouter, comment suivre votre actualité et quel est le meilleur moyen de vous soutenir ?

-C’est très simple, vous pouvez nous retrouver partout, Spotify, Deezer… On est vraiment sur toutes les plateformes. On met un point d’honneur sur la partie YouTube parce que c’est là où on va retrouver nos clips, clips dont nous sommes assez fiers parce qu’ils ont créé l’univers du projet. On peut aussi y voir des making-of des clips. On est présent sur tous les réseaux, Insta, Facebook…On actualise souvent. On a un site officiel où, là, effectivement, si certains veulent nous soutenir ils peuvent aller sur la boutique où on vend nos produits, nos CD, nos t-shirts et tous nos goodies qui nous aident à continuer ce projet.

En attendant le second album, actuellement en préparation, vous pouvez encore vous procurer le premier CD de Cartoon Machine sur la boutique officielle du groupe.

-Avez-vous un dernier mot ou quelque chose à ajouter ?

-Je n’ai rien à rajouter, à part qu’il en faut peu pour être heureux !

Propos recueillis par Alexandre Taillez
Photo de couverture : Goulven Israël

Merci à Angel pour sa réactivité et sa disponibilité !

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