[Chronique] Lille au trésor #3 : Un écart de niveau net entre la coupe d’Europe et le championnat

Bienvenue dans Lille au trésor ! Pour ce troisième numéro de la chronique dédiée au LOSC, retour sur les dernières rencontres disputées avec un constat évident : l’écart de niveau entre la Ligue 1 et la Ligue des Champions est immense. Preuve en est, les Dogues ont enregistré trois défaites en trois matchs européens mais occupent la deuxième place du classement en championnat, juste derrière le PSG.

Des changements dans l’organigramme

Suite à la déconvenue, niçoise, deux semaines de repos s’ouvraient pour le staff du LOSC durant la trêve internationale. Il semble que des désaccords au sein de la cellule vidéo soient apparus, ce qui entraînait le départ de deux membres de celle-ci. Des départs palliés par l’arrivée de l’analyste Anthony Michel, prévue de longue date, qui quittait l’OL pour rejoindre l’équipe de Davide Ancelotti. Si l’on ajoute les six arrivées de cet été, il est indéniable que le technicien italien met sa patte sur l’organigramme technique du club.

Un reprise poussive

La reprise proposait aux Dogues la réception de la lanterne rouge havraise, l’occasion de se rassurer avant de se déplacer dans l’antre de l’ogre Arsenal quelques jours plus tard. Si Bakwa marquait dès la cinquième minute, la suite n’allait pas du tout confirmer ce bon début de rencontre puisqu’un festival de déchets techniques nous était proposé.

Tiago Santos se blessait au milieu de la première mi-temps et était obligé de sortir. On apprendra ensuite que le genou droit est atteint ( rupture totale du ligament croisé antérieur accompagné d’une lésion du ménisque) et que sa saison est probablement terminée ; une bien mauvaise nouvelle pour le LOSC, le Portugais étant revenu à son meilleur niveau depuis le début de l’exercice. Le club fera d’ailleurs part de son mécontentement à l’issue de la rencontre, le joueur havrais l’ayant blessé, Richardson, ne récoltant même pas d’avertissement.

La suite de la rencontre ne sera qu’une bouillie indigeste, les Lillois ne devant leur victoire qu’à la grande maladresse des attaquants normands, le HAC aura tiré trois fois plus au but que le LOSC en ayant évolué en infériorité numérique suite au carton rouge reçu par Seko ! Au final, trois points bienvenus mais quelques craintes en vue du déplacement européen.

Un écart insurmontable

Après la défaite initiale face au Bétis, le LOSC se déplaçait sur la pelouse du vice champion d’Europe, Arsenal, avec l’espoir de faire bonne figure. Et d’une manière plutôt inattendue, les Dogues soutenaient la comparaison en faisant jeu égal en première période. Si les Anglais dominaient l’entre-jeu, ils se montraient rarement dangereux, Ueda se payant même le luxe de marquer, malheureusement en position de hors-jeu. La seconde mi-temps allait brutalement ramener les supporters nordistes sur terre. Les canonniers accéléraient le rythme et les lillois, dépassés, encaissaient trois buts en dix minutes autour de l’heure de jeu.

Pour couronner le tout, Ueda sortait blessé à un quart d’heure de la fin, déchirure de l’aponévrose plantaire qui le tiendra éloigné des terrains plusieurs semaines. Seule note positive, l’ovation de l’Emirates à son ancien joueur Giroud à l’entrée de celui-ci.

Suite à cette défaite logique, il était hors de question de ne pas prendre les trois points face à Galatasaray la semaine suivante.

Un nul frustrant

C’est ensuite Brest qui se présentait au stade Pierre Mauroy. Ancelotti en profitait pour aligner Orlando Gill, le gardien paraguayen qui faisait ainsi ses débuts sous ses nouvelles couleurs.

Si les Lillois rentraient bien dans le match, ils étaient rapidement refroidis par un but brestois dés la sixième minute suite à une partie de billard. Mais il était dit que les Dogues se rebelleraient cette fois-ci et l’on eut droit à une rencontre de meilleure facture que les deux précédentes prestations des Dogues. Si ceux-ci manquaient de réalisme offensif et tombaient sur un excellent gardien adverse, Bakwa et M’Bappé rendaient une copie propre et ce dernier provoquait un penalty que transformait Giroud.

La victoire ne sera malheureusement pas au rendez-vous, privant les Lillois d’une place de leader qui leur tendait les bras. Au lieu de cela, la première place était partagée de manière insolite entre cinq équipes, le LOSC, Monaco, les deux clubs parisiens et Lyon, l’OL occupant la première place au goal-average.
On notera la banderole sortie par les DVE, le principal club de supporters du LOSC, en soutien aux commerçants de la ville victimes des pillages en marge des manifestations du weekend précédent.

La fin des illusions européennes

Pour enfin lancer sa saison européenne et préserver de minces espoirs de qualification en Ligue des Champions, les hommes de Davide Ancelotti se devaient de vaincre Galatasaray au stade Pierre Mauroy et ce malgré la présence d’Osimhen, un ancien de la maison, dans les rangs adverses. Si les Stambouliotes démarraient très fort en ouvrant le score dés la deuxième minute, le jeune Diaoune, auteur de quelques apparitions prometteuses au sein de l’effectif la saison dernière, égalisait très vite et doublait même la mise cinq minutes avant la mi-temps.

Malheureusement, à l’orée de celle-ci, les Turcs revenaient à égalité sur une tête de Batrakov laissé de manière incompréhensible seul au milieu de la surface de réparation. Le premier quart d’heure du second acte sera fatal aux Dogues puisqu’ils encaisseront un but sur corner direct au premier poteau après une double erreur de Bentaleb et d’Özer puis un autre d’Osimhen, le Nigérian s’abstenant de le célébrer face à son ancien public à qui il a laissé un très bon souvenir même s’il n’a passé qu’une saison dans le Nord, tronquée par la crise Covid qui plus est. Le score n’évoluera plus par la suite, laissant le LOSC à trois défaites en autant de match.

On ne voit pas bien comment les Lillois pourraient se qualifier désormais au vu du terrible calendrier à venir. Sans faire un mauvais match dans le jeu, les Dogues auront été plombés par des erreurs défensives rédhibitoires à ce niveau et ce malgré la superbe prestation de Diaoune. On peut aussi penser que les absences de M’Bappe et de Ueda n’auront pas arrangé les choses.

Un nul bienvenu

Après la déception européenne, le LOSC se devait de réagir sur le terrain de Monaco même si le stade Louis II n’était pas le lieu idéal pour cela, les joueurs de la principauté ayant fort bien démarré leur championnat en s’imposant notamment sur la pelouse du PSG.

Mais la surprise était au rendez-vous, les Dogues maîtrisant leur sujet jusqu’à ouvrir la marque par M’Bappe sur une passe de Diaoune, décidément auteur d’une bien belle semaine. Si les monégasques tiennent la balle, ils se révèlent inoffensifs face à un bloc nordiste bien organisé. Du moins, en première mi-temps puisque dés la reprise, les locaux se montrent bien plus tranchants et ce n’est pas l’expulsion de Nianzou à l’heure de jeu qui allait arranger les choses.

Face à la déferlante des joueurs du Rocher, cela aurait été une gageure de conserver l’avantage acquis et c’est en toute logique que Diop égalisait à un quart d’heure du terme. Fort heureusement, la cohérence défensive du LOSC alliée à la maladresse des attaquants monégasques permettait de conserver le point du nul. Un bon point finalement même si le fait d’avoir mené en terre méditerranéenne laisse immanquablement des regrets.

Place au derby

Avant de retrouver les joutes européennes, le LOSC recevait son voisin lensois pour un derby qui s’annonçait bien indécis, le Racing ayant montré une assurance supérieure dans le jeu depuis le changement d’entraîneur tandis que les Lillois restaient sur une prestation rassurante à Monaco.

Ce derby ne fut toutefois serré qu’au tableau d’affichage tant les Dogues dominèrent leurs hôtes dans tous les domaines du jeu. Trois fois plus de tirs, deux fois plus de possession, deux fois moins de fautes… Özer n’eut qu’un arrêt à faire mais il le fit bien, empêchant Thauvin d’ouvrir la marque peu après l’heure de jeu. Malgré cette domination, le stade Pierre Mauroy dut attendre les cinq dernières minutes pour être libéré, la faute à une maladresse certaine des attaquants lillois et à un bon Risser. Mais il était écrit que la logique sportive serait respectée et à la quatre-vingt-sixième minute, Giroud, entré en jeu, délivrait le public lillois en reprenant victorieusement une frappe de Bentaleb repoussée par le gardien lensois.



Ce sont donc trois points bienvenus qui placent le LOSC à la deuxième place du classement, à seulement deux points du PSG.

De bon augure donc avant une semaine difficile proposant un déplacement au delà du cercle polaire chez les Norvégiens de Bodø Glimt en Ligue des Champions puis une confrontation compliquée sur la pelouse du Stade Rennais.

Les anciens numéros

–[Chronique] Lille au trésor #1 : Un début de saison prometteur
–[Chronique] Lille au trésor #2 : Premières difficultés

Texte et photo de couverture : Christophe

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