Il y avait du beau monde ! Les 11 et 12 avril, Saumur accueillait la 30eédition des Journées Nationales du Livre et du Vin, donnant l’occasion à de nombreux auteurs de présenter leurs ouvrages. Les mondes du sport et du cinéma étaient bien représentés.
Santé ! En entrant dans le périmètre réservé aux Journées Nationales du Livre et du Vin, à Saumur, dans le Maine-et-Loire, l’on vous offre un verre de vin. Le vignoble local a de belles saveurs à offrir et le tout – consommé avec modération, naturellement – se marie parfaitement avec un bon livre. C’est le principe de cet événement né en 1996, fêtant donc son 30e anniversaire en ce mois d’avril 2026.
Pour l’occasion, de nombreux auteurs déjà venus par le passé sont de retour, en plus d’invités inédits. Les célébrités côtoient les auteurs professionnels ou les écrivains occasionnels. Tous ont beaucoup de choses à raconter, pour le plus grand plaisir des Saumurois. Durant deux jours, une proximité peu commune avec les auteurs est permise. Mais, pour échanger, mieux vaut passer lors des heures creuses, notamment le dimanche matin ou le même jour en début d’après-midi.
L’humour était le thème principal de cette édition mais les deux univers qui nous intéressent, le sport et le cinéma, n’étaient pas oubliés, bien au contraire.
Saumur, le plus grand terrain de sport
Une légende du tennis français était là en la personne d’Henri Leconte, vainqueur de 9 tournois en simple et finaliste de 7 autres durant sa carrière, entre 1982 et 1993, et vainqueur de 10 tournois en double, dont Roland Garros en 1984 aux côtés de Yannick Noah. Celui qui fut aussi finaliste de Roland Garros en 1988 présentait son livre, « Balles neuves », publié fin 2023 aux éditions Marabout. CinéSport a eu le plaisir de s’entretenir avec l’ancien n°5 mondial et vous donnera donc prochainement l’occasion d’en savoir plus sur cet ouvrage.
Même situation avec Vincent Duluc, grand reporter au journal L’Équipe depuis plus de 30 ans, présentant ici plusieurs de ses ouvrages, notamment les derniers en date : « Le roman de L’Équipe, Un siècle de journalisme sportif » (Stock, février 2026), « 50 héros pour le Mondial 2026 » (Solar, décembre 2025) et « Dictionnaire amoureux illustré de la Coupe du Monde » (Grund, octobre 2025). La Coupe du Monde 2026, qui sera organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique, fait déjà couler beaucoup d’encre et suscite de nombreuses interrogations liées à la politique de Donald Trump, tant sur le plan local qu’à l’échelle internationale.

Daniel Lauclair, autre journaliste sportif de renom, avec une longue carrière sur France Télévision derrière lui, assurait la promotion de « Confidences sur l’oreillette », dans lequel il retrace son parcours et 50 ans de vie à la télévision.

Dimanche après-midi, Daniel Lauclair était d’ailleurs chargé d’animer un café littéraire sur « les fondements de l’esprit sportif ». À ses côtés, Henri Leconte et Vincent Duluc, forcément, mais aussi Orianne Aymard (« L’appel de l’Everest ») et Mathieu Tulissi Gabard (« Footboys »).
Les journées nationales du livre, du vin et du cinéma ?
Le 7e art était particulièrement à la fête, au coeur de la décoration de l’événement d’abord, via des affiches vintage de classiques de la comédie française issues de la collection personnelle de Claude Bounicq. Celle de La Soupe aux Choux nous permet de conter une petite anecdote : saviez-vous que Louis de Funès avait en son temps un ami dans un village voisin, Allonnes, et qu’il y avait été accueilli avec les honneurs en juillet 1980, défilant dans les rues comme un Président de la République sur les Champs Elysées le 14 juillet ? La petite commune de la région saumuroise est d’ailleurs la première de France à avoir donné le nom de l’acteur à l’une de ses rues. Jean Carmet, lui, a passé son enfance à Bourgueil, à 30 kilomètres de Saumur (et 12 d’Allonnes). Un vin local porte son nom depuis 2004.


Plusieurs actrices figuraient parmi les invités, notamment Gwendoline Hamon, vue dans une quinzaine de longs métrages et dans de nombreuses séries françaises, et dont le roman « Les Dieux sont vaches » avait connu un beau succès à sa publication en 2014, et Anny Duperey, apparue dans des films cultes comme Un éléphant ça trompe énormément ou Les Compères, sans oublier la série Une famille formidable. Anny Duperey est l’autrice de pas moins de 17 ouvrages dont « Respire, c’est de l’iode », fruit de son expérience et de ses réflexions personnelles, sorti en 2025.

Pour respecter le thème de l’humour, les journées nationales du livre et du vin 2026 avaient entre autres convié Jean-Pierre Lavoignat (ancien rédacteur de Première et cofondateur de Studio Magazine, auteur de documentaires et de livres sur le cinéma, dont « Le Splendid par le splendid »), Frédéric Pouhier (« Le grand livre des tontons flingueurs »), Jean-Michel Dijan (« Desproges ») et Simon Bernard (« La bible des inconnus »), chacun étant donc l’auteur d’un ou de plusieurs ouvrages dédiés à des figures de la comédie. Les quatre hommes étaient d’ailleurs réunis dimanche en fin d’après-midi lors d’une table ronde ayant pour thème « Quand l’humour devient culte », le tout dans le cadre somptueux du théâtre « Le Dôme » de Saumur. Un moment savoureux permettant d’en apprendre beaucoup sur les humoristes évoqués. Au cours de la conversation, Jean-Pierre Lavoignat a cité le public du RC Lens, dont un étendard affichant le visage de Michel Blanc, a.k.a Jean-Claude Dusse, accompagné du message « sur un malentendu, ça peut marcher » l’avait beaucoup amusé.
Notons que l’acteur Thierry Godard, célèbre pour ses rôles dans les séries Engrenages, Un village français ou Les Dames, mais aussi vu dans la série Andor, qui se déroule dans l’univers de Star Wars, était présent pour rendre hommage à Jim Harrison, l’écrivain, poète et essayiste américain. Ce dernier, disparu en 1996, avait été le premier parrain de l’événement. Thierry Godard était donc chargé de magnifier ses poèmes, en chanson ou simplement par une lecture passionnée.
Autre invité lié au cinéma, le chanteur CharlElie Couture, à qui l’on doit notamment la version française de la chanson phare du film Toy Story, « Je suis ton ami ».
Près de cent auteurs présentent leurs œuvres durant ces journées du livre et du vin, il n’est hélas pas humainement possible de se plonger dans chaque histoire personnelle, dans chaque livre, qui plus est si l’on s’arrête un peu trop régulièrement pour déguster les vins locaux, mais l’expérience est aussi enrichissante qu’agréable et n’incite qu’à une chose : revenir l’année prochaine.
Texte, photos et vidéo : Alexandre Taillez

