[Rétro] Finales NBA 2025, les Indiana Pacers vaincus mais dans la légende

Les Indiana Pacers ont marqué l’histoire. Alors que les finales NBA 2026 opposeront les Spurs de Victor Wembanyama aux Knicks de Jalen Brunson, CinéSport vous propose de retourner un an en arrière et de revenir sur l’incroyable épopée de Tyrese Haliburton et de ses coéquipiers. Les Pacers avaient notamment fait tomber New York avant de toucher le Graal du bout des doigts…

Talent et combativité, voilà ce qui a animé les Indiana Pacers en 2024/2025, tant sur la seconde partie de la saison régulière qu’en playoffs.

Avec seulement 10 victoires sur les 25 premiers matchs, Indiana n’impressionnait pourtant ni les foules ni ses adversaires pendant l’automne 2024. Très plaisante à voir jouer la saison précédente, l’équipe semblait avoir perdu son basket, à l’image de Tyrese Haliburton. Et puis un déclic s’est produit.

Déclic et virée parisienne

C’est justement quelques semaines après le début de leur nouvelle dynamique, les 23 et 25 janvier, que les Pacers sont venus à Paris pour disputer deux rencontres face aux San Antonio Spurs de Victor Wembanyama. La première fut largement dominée par les Spurs, vainqueurs 140 à 110, avec un Wemby de gala, auteur de 30 points, 11 rebonds, 6 passes décisives, 5 contres et plusieurs actions fantastiques. Le second match fut lui largement dominé par les Pacers, victorieux 136-98, avec notamment une série incroyable de shoots réussis par Tyrese Haliburton (28 points à 11/17 au tir, dont 6/9 à trois points) .

Difficile de comprendre ce qui provoque un tel changement de dynamique lorsqu’on est dans la peau d’un simple spectateur, mais les chiffres sont là : entre le 14 décembre 2024 et le 7 février 2025, les Pacers gagnent 19 de leurs 25 matchs. Finalement, ils engrangent 50 victoires en 82 matchs de saison régulière et se hissent à la 4e place de la Conférence Est.

Un travail d’équipe

Le bilan est bon, surtout au regard du départ laborieux, mais encore insuffisant pour qu’Indiana soit dans la peau du favoris face aux trois premiers, Cleveland, Boston et New York. Même contre Milwaukee, 5e et adversaire des Pacers au premier tour des playoffs, les pronostiques ne sont pas vraiment favorables. Comment stopper Giannis Antetokounmpo ?

Réponse : le basketball n’est pas un sport individuel, et malgré des performances gargantuesques du Grec (33 points, 15,4 rebonds, 6,6 passes décisives, 1 contre et 1 interception de moyenne sur la série), les Bucks se font tout simplement martyriser par Indiana et perdent la série en 5 matchs, ne décrochant qu’un petit succès. Côté Pacers, tout le monde contribue au succès, Pascal Siakam est le patron de l’attaque tandis qu’Haliburton délivre caviars sur caviars. Comme ce sera le cas pendant l’intégralité de ces playoffs, Indiana peut compter sur tout son effectif, chaque joueur jouant un rôle clé à un moment ou à un autre, ayant la capacité de briller quand il le faut ou de laisser briller le copain quand celui-ci est « dans la zone ». Andrew Nembhard, Myles Turner, Obi Toppin, Bennedict Mathurin, Aaron Nesmith, ou encore T.J McConnell, bien sûr, ont tous été des artisans majeurs du parcours de leur équipe. La série contre Milwaukee en est la parfaite illustration puisque 6 joueurs des Pacers dépassent la barre des 10 points à 4 reprises en 5 matchs. Lors du match 4, remporté 129-103 par Indiana, ils sont même 8 joueurs à dépasser ce total.

La série face aux Bucks aurait pu se prolonger sans un « game winner » de Tyrese Haliburton lors du match 5 à une seconde de la fin (victoire 119-118). On ne savait pas encore à quel point ce scénario allait marquer ces playoffs…et l’histoire !

Haliburton remet ça

Face à Cleveland, en demi-finale de Conférence, tout allait être différent…à priori. Cleveland avait obtenu la bagatelle de 64 victoires en saison régulière et était donc largement favoris. Que nenni ! 4-1 dans les dents, même tarif que Milwaukee ! Et cette fois, c’est lors du match 2 qu’Haliburton a démontré à quel point il était « clutch », sur le parquet de Cleveland. Après une interception de Nembard, Haliburton reçoit la balle à 21 secondes de la fin du match, alors que son équipe est menée de 3 points. La pénétration qu’il tente aboutit à une faute adverse et à deux lancers francs. Il marque le premier, loupe le second mais Indiana gobe le rebond offensif. Haliburton se retrouve derrière la ligne à 3 points, réalise un « step back » qui élimine son vis à vis et tire longue distance…ficelle, + 1 Indiana ! Il reste 1 seconde à joueur mais les Cavs ne peuvent rien en tirer et s’inclinent.

Dans les pas de Reggie Miller

Difficile à croire, mais les émotions vécues jusqu’à présent n’étaient rien en comparaison de celles qui allaient arriver.

Haliburton, encore lui, allait à nouveau faire parler de lui dès le premier match des finales de Conférence contre les Knicks, au sein du mythique Madison Square Garden de New York.

La partie est épique, les stars des deux camps se répondant coup pour coup. Menés de 9 points à 52 secondes de la fin du match, les Pacers reviennent miraculeusement au score grâce à un Aaron Nesmith chaud comme la braise, qui marque 3 paniers à 3 points consécutifs et deux lancers francs.

125-123 pour New York avant la dernière possession, et c’est Tyrese Haliburton qui prend les choses en mains cette fois ci, dégainant de loin après avoir effacé Mikal Bridges, son défenseur direct. Après un rebond sur le cercle, le ballon entre dans le panier et tout le monde pense alors qu’Indiana a arraché la victoire. Haliburton en est persuadé aussi et reproduit le fameux geste de l’étranglement réalisé par Reggie Miller lors d’une opposition mythique entre New York et Indiana en 1994. Mais l’histoire n’allait pas bégayer, puisque les ralentis montrent qu’Haliburton avait le pied sur la ligne et que son panier n’était donc qu’à deux points. Résultat ? 125-125, prolongation !

Vu le scénario et l’ascenseur émotionnel vécu par Indiana, il n’était pas évident de miser sur eux pour les 5 minutes à venir. Mais une fois de plus, c’était une erreur. Les Pacers sont bien au rendez-vous lors de ce temps supplémentaire et sont plus efficaces que leurs adversaires, ils s’imposent finalement 138-135. Fabuleux ! Niveau statistiques, en plus des 31 points et 11 passes d’Haliburton, Aaron Nesmith enregistre 30 points avec une insolente réussite longue distance (8/9 à 3 points). Le pourcentage global est excellent avec 51% de réussite au shoot pour l’ensemble de l’équipe, dont 40,5 % à 3 points. Chez les Knicks, ce sont les titulaires qui sont particulièrement efficaces, à commencer par les deux stars, Jalen Brunson (43 points, 15/25 au shoot mais 1/6 à 3 points) et Karl-Anthony Towns (35 points, 11/17 au shoot dont 4/8 à 3 points, et 12 rebonds).

Le grand bonhomme du deuxième match est Pascal Siakam, avec 39 points (15/23 au shoot), même si, comme toujours, c’est en équipe qu’Indiana fait mal à son adversaire et s’impose à nouveau à New York. Après une défaite à la maison lors du match 3, Indiana s’impose lors du match 4 avec notamment un triple double titanesque de Tyrese Haliburton, qui compile 32 points, 15 passes décisives et 12 rebonds ! Les Knicks sont au bord du gouffre mais remportent – enfin ! – un match dans leur antre, poussant les Pacers à disputer un match 6, à Indianapolis. Les hôtes ne tremblent pas et balaient les New-Yorkais, 125-108. Une victoire synonyme de qualification pour les finales NBA, une première depuis 2000, quand Reggie Miller, Jalen Rose et compagnie étaient tombés avec les honneurs contre les Lakers de Shaq et Kobe (4 succès à 2 pour Los Angeles cette année-là).

Les Pacers de retour en finales

Pour ces finales 2025, l’adversaire serait le grand favoris des bookmakers, Oklahoma City, qui a roulé sur la Conférence Ouest en saison régulière avec 68 victoires. Après avoir balayé Memphis en 4 matchs au premier tour des playoffs, OKC a tremblé face à Denver et Nikola Jokic, mais a finalement remporté le match 7 décisif grâce à Shai Gilgeous-Alexander (et un arbitrage généreux).

Rien à dire en revanche, si ce n’est « bravo », à propos de la performance lors de la finale de Conférence face aux Timberwolves. Les jeunes loups, bien que très ambitieux, n’ont pas pu remporter plus d’un match, ne pouvant rien faire pour stopper « Shai », ni pour franchir la défense de fer du Thunder (hormis lors du match 3, où Oklahoma City a curieusement volé en éclats).

Les finales 2025 allaient couronner un champion inédit puisqu’Indiana comme OKC avaient perdu lors de leur unique participation (c’était en 2012 face au Heat pour le Thunder, quand Kevin Durant, Russel Westbrook et James Harden défendaient ensemble les couleurs de la franchise). S’il vous plaît, ne parlez pas du titre des Sonics de 1979. Autre ville, autre nom, autre franchise.

Incroyable mais vrai, Tyrese Haliburton offrait à nouveau la victoire à son équipe lors du premier match, à OKC, sur un panier au buzzer. Le joueur avait pourtant été en difficulté durant la rencontre, avec 12 points marqués avant le shoot de la victoire, et « seulement » 6 passes décisives. Mais comme à chaque fois, ses coéquipiers avaient été à la hauteur pour maintenir l’équipe dans la partie.

Pas de suspens en revanche lors du match 2, remporté 123-107 par le Thunder. Nouveau scénario improbable cependant lors du match 3, avec une victoire 116-107 des Pacers grâce à un 4e quart temps dantesque remporté 32 à 18.

Scénario inverse lors du match 4, où les 12 dernières minutes tournent cette fois largement à l’avantage du Thunder (31-17). Notons les 10 lancers francs obtenus (et réussis) par Shai Gilgeous-Alexander, toujours prompt à attaquer le cercle mais aussi toujours soutenu par les coups de sifflet, parfois très rapides, des arbitres.

Le rêve brisé

Malgré la blessure de Tyrese Haliburton lors du match 6, Indiana peut comme toujours compter sur son meneur remplaçant, T.J. McConnell. Dès qu’il se retrouve sur le parquet, le petit meneur de jeu insuffle un vent de folie, tant dans le public que dans les défenses adverses. Pour que le rêve continue, T.J McConnell compile 12 points, 9 rebonds, 6 passes décisives et 4 interceptions lors de cette 6e manche, 5 de ses coéquipiers atteignant ou dépassant également la barre des 10 points. OKC a perdu une occasion en or et devra batailler jusqu’au bout.

Malheureusement, le moment fort du 7e et dernier match serait un moment particulièrement pénible pour tout amoureux de basket et de sport en général. Après sept minutes de jeu, durant lesquels il avait brillé, Tyrese Haliburton s’écroule. Lui qui était annoncé incertain avant le match mais qui s’était tout de même présenté sur le terrain n’était finalement qu’en sursis. Verdict : rupture du tendon d’Achille. Une blessure très sérieuse qui le laissera éloigné des parquets pendant de longs mois, et qui le prive, évidement, de la suite de ce « game 7 ». Le joueur sort en larmes, soutenu par ses coéquipiers. Ces derniers, comme on l’a dit et répété, ne manquent ni de caractère ni de talent. Ils sont même en tête d’un point à la mi-temps, 48-47. Mais le 3e quart temps, remporté 34-20 par le Thunder, fait basculer ces finales 2025. Malgré la maladresse de SGA (8/27 au shoot dont 2/12 à 3 points), OKC est trop fort, étouffant pour de bon l’attaque virevoltante des Pacers. Les 12 dernières minutes ne changeront pas la donne, Oklahoma City s’impose 103-91 et remporte le trophée Larry O’Brien.

Bravo aux champions, mais bravo aussi, et plus que jamais, aux vaincus, qui resteront à jamais dans la légende de la NBA.

Texte et photos : Alexandre Taillez

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