Irina (Harry Potter – France) : « Ma rencontre avec Rupert Grint était fabuleuse »

Harry Potter au pays du champagne ! C’est depuis Reims qu’Irina vit et partage sa passion pour le monde magique imaginé par J.K. Rowling. Si vous êtes fan de la saga, vous êtes peut-être même d’ores et déjà l’un des 81 000 followers de sa page Facebook Harry Potter – France. Pour CinéSport, Irina présente son activité de créatrice de contenu ainsi que le fandom français, sans oublier de nous donner son avis sur l’ensemble des projets Harry Potter. Et vous, attendez-vous la série HBO avec impatience ?

-Avez-vous été séduite par la saga Harry Potter par le biais des livres de J.K. Rowling ou par les films de Warner Bros ? Quand a eu lieu cette « rencontre » ?

-J’ai été séduite d’abord par les films. Assez tardivement, contrairement à beaucoup de fans de Harry Potter, puisque c’était au cinéma pour la sortie de Harry Potter et le Prince de sang-mêlé, en 2009, et j’avais 10 ans. C’est une amie de ma mère, qui avait des enfants avec qui j’étais amie, qui m’a invitée à venir voir le film avec eux. Ils étaient tous fans. Moi, je n’avais jamais regardé les films, ni lu les livres, et ça ne m’intéressait pas. Mais je voulais passer du temps avec eux, alors j’y suis allée.

Et bien que je n’aie pas compris grand-chose en n’ayant pas vu les premiers films (j’ai quand même découvert HP avec la mort de Dumbledore), j’ai adoré et j’ai regardé tous les autres films en rentrant.

Et puis, comme chez moi on n’est pas de grands fans de fantastique, la magie s’est un peu estompée avant de revenir en 2015, année où j’ai revu tous les films, où j’ai lu tous les livres pour la première fois, et où j’ai créé ma page Facebook Harry Potter – France, puis par la suite un groupe Facebook appelé « Harry Potterhead – France », où les fans peuvent publier ce qu’ils veulent à condition de respecter les règles. Et où les pubs – qui les respectent également – sont autorisées.

-Quel est votre opus favori et pourquoi ?

-En termes de livre, je pense que mon préféré est le troisième : Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban. Parce qu’il se passe trop de choses, il y a énormément de rebondissements. Entre Sirius Black, le Sinistros, le professeur Lupin, le reveal de Peter Pettigrow, etc.

Pour le film, j’adore le 7 partie 1. Et généralement, les autres fans ne comprennent pas pourquoi. Ils disent qu’il ne s’y passe rien. Moi au contraire, j’y vois l’occasion de se concentrer davantage sur les sentiments des personnages, leur désespoir, leurs doutes face à une quête qui paraît impossible. On peut se focus davantage sur leur ressenti que sur les actions, et j’aime beaucoup ça. C’est ce qui le rend différent des autres.

-Au contraire, quel est le moins réussi d’après vous ?

-Je ne dirais pas qu’il n’est pas réussi, au contraire il est très bien, mais celui que je regarde le moins est sans doute Harry Potter et la Chambre des secrets. Peut-être parce que j’ai une peur phobique des araignées, je ne sais pas. Ou parce qu’on voit moins Hermione. Il reste incroyable, disons juste que je préfère tous les autres à celui-ci.

-Vous identifiez-vous à un personnage en particulier ?

-Même si mon personnage préféré est Ron, je pense que je ressemble davantage à Hermione. Elle est logique, elle aime les livres, se cultiver, elle va vers les autres, c’est une personne travailleuse, ambitieuse, mature. Elle est une amie loyale et dévouée.

« Même si mon personnage préféré est Ron, je pense que je ressemble davantage à Hermione » 

-En quelques mots, quel regard portez-vous sur les projets dérivés de la saga principale, la trilogie des animaux fantastiques, la pièce de théâtre « Harry Potter et l’enfant maudit » et le jeu vidéo « Hogwarts Legacy » ?

-Je pense que ces œuvres et projets dérivés, c’est ce qui fait vivre la saga pendant des années après sa conclusion. Bien que je ne considère pas « Harry Potter et l’Enfant maudit » comme une suite en soi, j’ai apprécié de retourner dans l’univers quelques années plus tard.

Pour ce qui est des Animaux Fantastiques, j’adore cette saga. Je la trouve belle, familiale, et on replonge réellement et visuellement dans notre univers favori cette fois-ci. Je suis déçue qu’il n’y ait pas de suite.

Quant à Hogwarts Legacy, ce jeu est magnifique. Je l’ai adoré et j’y ai joué nuit et jour à sa sortie. Cela faisait des années que les fans attendaient un jeu en open world.

-Vous avez créé la page Facebook « Harry Potter France », qui compte 80 000 abonnés et propose une riche activité. Comment est né ce projet et comment vivez-vous cette aventure au quotidien ?

-Harry Potter – France est né en 2015, quand j’ai eu un pic pour cette passion. J’avais alors 16 ans. J’ai toujours été quelqu’un de passionné qui aime partager ses passions. À cette époque encore plus, puisque j’aimais beaucoup écrire et que je voulais devenir journaliste.

Donc en plus de pouvoir parler de ma passion sans embêter mes proches, je voyais l’opportunité d’écrire et de relayer des informations au sujet de la saga et de son univers large. Je voulais que ça soit un média, une source fiable. Un peu comme une journaliste le ferait.

Donc j’ai créé Harry Potter – France en ce sens. Et petit à petit, ça a vite grandi : j’ai eu des collaborations, des invitations… C’est devenu encore plus professionnel. Par moments, avec mes études et le travail ensuite, j’ai eu des creux, des moments où je me suis moins occupée de cette page.

Quand je m’y suis remise à fond, j’ai voulu casser un peu l’image du média et partager les infos en tant que fan comme les autres. Avant, j’étais anonyme, on ne voyait jamais mon visage, d’où le logo en photo de profil. Le but était juste de partager des infos.

J’avais créé par la suite Harry Potter – France sur Instagram et TikTok, mais ces comptes ont aujourd’hui été changés en @irinakedavra pour leur donner un côté plus personnel. Ces comptes, c’est un peu les backstages de la créatrice de la page et plus encore.

J’y parle toujours de Harry Potter mais de manière moins formelle. Je partage un peu ma vie sur les réseaux sociaux, et aussi, je me suis ouverte à des domaines plus larges car je parle également de livres, ce qui a permis d’être plus proche de la communauté.

Aujourd’hui, mon objectif est donc de développer davantage Instagram et TikTok, sans pour autant mettre de côté la mise à jour de ma page avec les dernières infos. Mais c’est un énorme travail au quotidien, et je lutte parfois pour ne pas délaisser la page.

-Nous fêtons cette année les 25 ans de la sortie au cinéma du 1er film, comment allez-vous « marquer le coup » ?

-Il y aura d’abord, et sans aucun doute, un marathon de tous les films entre amis, dans une ambiance magique à la maison. Du contenu et des concours sur mes réseaux sociaux pour les fans. Et je compte bien assister aux divers événements annoncés par Warner Bros. Celui à Versailles, ou encore la possibilité de tester de la bièreaubeurre et/ou de la nourriture inspirée de cette recette dans les restaurants Au Bureau.

« D’une manière générale, je ressens de la bienveillance, mais pas toujours. »

-Les interactions entre fans de Harry Potter sont-elles toujours bienveillantes ?

-Comme dans n’importe quel fandom : non. D’autant plus que c’est un fandom intergénérationnel. D’une manière générale, je ressens de la bienveillance, mais pas toujours.

Il y a parfois des « guéguerres » entre ceux qui se sentent appartenir à Serpentard et ceux qui se sentent appartenir à la maison Poufsouffle ou autre, par exemple.

On voit souvent des TikToks de personnes se moquant des Poufsouffle comme ne servant à rien, des Serpentard comme étant méchants, ou des Gryffondor comme étant égocentrés. Et parfois, des gens vont mal le prendre, ils se sentent vraiment touchés et ça crée des conflits.

Alors qu’à mon sens ça reste des blagues, et c’est fictif surtout, mais bon.

Il y a aussi pas mal de conflits suite aux propos de J.K. Rowling dans le fandom, avec des personnes qui se disent ex-fans, etc.

Et puis, dans le milieu de l’influence, certains se sentent en concurrence, on ne sait pas trop pourquoi, alors qu’on est tous des fans qui partagent leur passion à la base, rien de plus, et beaucoup l’oublient.

-Comment s’organise le fandom français ? Y a-t-il des associations, des conventions, des réunions, etc ?

-Oui, il y a des associations, des pages d’informations comme la mienne, parfois les deux. La Gazette du Sorcier est à la fois une page et une asso, pareil pour La Plume de Poudlard.

Pour ma part, je suis en auto-entreprise, car je gère aussi ce côté influence sur Insta et TikTok. Ces associations animent parfois des quiz et autres animations lors d’événements, ont des stands ou ce genre de choses. Ce que je faisais avant, mais moins maintenant que je suis plus axée sur l’influence.

Pour ce qui est des conventions, ce sont souvent des boutiques spécialisées Harry Potter ou des conventions type Paris Manga qui invitent des acteurs et font des animations HP. Mais depuis 2 ans maintenant, on a la Dream It Con qui organise des conventions (3 jusqu’à maintenant, et une quatrième en route) et qui invite pas mal d’acteurs de HP.

Pour ce qui est des réunions, pas plus que ça. En tant que créateurs/influenceurs, on se retrouve aux événements auxquels on est conviés. On voit souvent les mêmes têtes. Pour le reste, on se réunit lors d’événements publics tels qu’une convention par exemple, ou le Retour à Poudlard organisé par Warner à l’approche de la rentrée.

-Vous avez rencontré plusieurs acteurs de la saga, quels sont les souvenirs les plus marquants de ces moments ?

-J’ai plusieurs moments marquants. Ma rencontre avec Rupert Grint était fabuleuse. Il incarne mon personnage préféré, et j’ai toujours aimé ce gars en tant qu’homme. Et c’est l’un des personnages principaux, c’était vraiment le graal de le rencontrer.

Aussi, j’ai toujours aimé Jamie Bower, même si on le voit 30 secondes dans Harry Potter. Je l’aimais en tant qu’acteur bien avant, et ça n’a rien à voir avec Stranger Things, que je n’ai jamais regardé. Ça faisait presque 10 ans que je voulais le rencontrer, chose faite.

Et puis il y a eu Dan Fogler (Jacob dans Les Animaux Fantastiques) que j’ai eu la chance d’interviewer. Il était très cool, très patient, et il est tellement drôle et gentil avec les fans, un vrai plaisir.

Evanna Lynch (Luna) qui a pris le temps de regarder tous mes tatouages et d’en discuter. Pareil pour Devon Murray (Seamus) : il a remarqué mon tatouage et ma bague irlandaise, et comme il est irlandais, on a parlé de ce pays que j’adore tant. Il m’a même donné des recommandations d’endroits à découvrir si j’y retourne.

Et enfin Alfie (Dean Thomas). Ce gars est drôle, engagé, il a toujours un sourire incroyable. Il parle avec vous comme si vous étiez amis, et il parle très bien français donc il essaye toujours de vous faire plaisir en parlant votre langue.

Que de belles rencontres, qui ont toutes été possibles aux conventions organisées par Dream It.

« Evanna Lynch a pris le temps de regarder tous mes tatouages et d’en discuter. »

-Avez-vous déjà eu l’occasion de visiter les lieux de tournage en Angleterre, ou de vous rendre dans l’un des parcs à thème aux États-Unis ?

-Plusieurs fois, j’ai vécu à Londres pendant un an. J’y retourne tous les ans, j’ai beaucoup voyagé au Royaume-Uni et en Irlande et je suis allée aux studios 3 fois.

J’ai vu quasiment tous les lieux de tournage à Londres. Je suis allée aux Cliffs of Moher en Irlande, dans un cimetière en Écosse d’où J.K. Rowling aurait trouvé l’inspiration pour les noms des personnages sur les pierres tombales…

Grosso modo, si je voyage et qu’il y a un truc en rapport avec Harry Potter à faire dans le coin, j’y vais.

Connaissant très bien Londres et ces lieux, j’ai même déjà proposé, lorsque j’y vivais ou y étais de passage, à des fans de leur faire un tour gratuit. J’avais posté l’annonce sur Facebook du genre :

« s’il y a des fans de ma page qui sont à Londres, on se donne RDV et je vous fais faire le tour d’un maximum de lieux en une après-midi ».

J’ai été contactée par un groupe de Français de 4 ou 5 personnes. Je les ai rejoints. On a beaucoup marché toute l’après-midi. Ils étaient ravis, bien qu’épuisés. On a fini par manger un bout ensemble avant de se séparer.

J’aimerais bien savoir comment ils vont aujourd’hui d’ailleurs. C’était il y a plus de 2 ans je crois.

Je n’ai cependant jamais fait les parcs aux États-Unis, mais j’aimerais beaucoup. Ça doit être extra, à faire au moins une fois dans sa vie en tant que fan, bien que je ne sois pas une mordue des parcs d’attractions.

-Qu’attendez-vous de la série produite par HBO et prévue pour Noël prochain ?

-J’attends qu’on découvre des scènes, des personnages qui existent dans les livres mais qu’on n’a pas vus dans les films. Et surtout, Ron étant mon personnage préféré, j’attends qu’on le mette plus en valeur dans la série qu’il ne l’a été dans les films. Il est tellement plus important dans les livres.

-Si l’on vous donnait carte blanche, quelle histoire liée à l’univers de Harry Potter voudriez-vous voir au cinéma ou en série ?

-Pourquoi pas un spin-off sur les Maraudeurs, sur la première guerre contre Voldemort, sur la jeunesse de Voldemort, sur les fondateurs de Poudlard ou sur la famille Black.

-Avez-vous un message à faire passer, ou une anecdote particulièrement savoureuse à raconter ?

-Si j’avais un message à faire passer, ça serait que j’espère que la sortie de la série Harry Potter créera l’engouement d’autrefois. Qu’elle nous rassemble de nouveau en tant que fans. Qu’on retrouve cette magie d’autrefois où j’avais l’impression que tout le monde, sans exception, aimait Harry Potter.

Aujourd’hui, on est parfois jugés quand on est fans de cette saga, à cause de l’autrice. Alors qu’aimer Harry Potter n’est pas être d’accord avec elle. Avant toute cette polémique, HP était une safe place, un cocon qui nous mettait tous d’accord. J’aimerais que la magie nous réunisse de nouveau.

Pas particulièrement d’anecdote savoureuse, mais pour en revenir à la création de Harry Potter – France : avant, quand j’étais encore anonyme… Vu que je n’avais que 16 ans au début, je faisais croire que j’étais majeure pour que les marques me prennent au sérieux pendant les collaborations. Je faisais aussi croire qu’on était une équipe derrière cette page, je parlais donc au pluriel, parce que les autres pages avaient l’air d’être ultra-sérieuses avec toute une équipe de bénévoles qui avaient chacun un rôle (graphiste, rédacteur, fondateur…). Alors, en gardant l’anonymat, je préservais ce côté pro, que j’ai désormais mis de côté pour miser sur l’authenticité.

Propos recueillis par Alexandre Taillez

Crédits photos : Irina (Harry Potter France)

Partagez l'article :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *