Karol Silva (Star Wars) : « Ils recherchaient une jeune femme qui ressemblait à Natalie Portman »

La Force est avec elle ! Dans Star Wars Épisode 1, Karol Silva, artiste dans l’âme, jouait le rôle de Rabé, l’une des suivantes de la Reine Amidala. Pour CinéSport, elle évoque ses souvenirs du tournage de La Menace Fantôme et ses liens avec les fans de la saga mais raconte également son parcours riche en aventures, empli de passion et d’humanité.

-Quand et pourquoi avez-vous choisi une carrière d’artiste ?

-Je pense que ça vient probablement de ma mère, qui joue du piano, et quand j’étais enfant, elle jouait tout le temps.

Je me souviens aussi d’une fois où elle donnait un cours d’art, j’étais très jeune, et elle nous a emmenés, mon frère et moi. Les enfants peignaient des arbres et je me suis dit : « Waouh, c’est magnifique ! » Et puis, une autre fois, on rentrait de l’école, un bus s’est arrêté devant chez nous, elle était à l’intérieur et elle nous a emmenés en voyage vers une grande ville où elle dirigeait ses élèves, tout en chantant. Moi, j’étais vraiment impressionnée.

Sur le moment, je n’y ai pas trop réfléchi, mais petit à petit, j’ai commencé à aimer jouer, faire du théâtre avec mes voisins. J’invitais mes grands-parents et les voisins à nous regarder jouer de petits contes de fées. C’était vraiment spontané et ludique.

-Qu’est-ce qui vous a menée jusqu’à la Royal Central School of Speech and Drama ?

-À l’époque, je faisais du théâtre de marionnettes et j’avais passé un an à travailler à Rio, au Brésil. J’y ai découvert un nouvel univers : celui des marionnettes et du spectacle vivant, où l’imagination est reine. De retour à Londres, je me suis demandé comment intégrer cela à mes autres activités, notamment le théâtre de marionnettes.

La Central School of Speech and Drama proposait une excellente formation intitulée « Théâtre, Pratique théâtrale avancée », qui rassemblait des metteurs en scène, des auteurs, des éclairagistes, des scénographes… Ils réunissaient tous ces professionnels dans une même formation et leur demandaient de créer du théâtre alors je me suis dit que ce serait parfait pour moi. J’y ai rencontré des gens formidables, tous avec des idées complètement folles. C’est pour ça que j’ai choisi cette école.

-Un homme travaille dans l’ombre : qui est Jack Waltzer et quand vos chemins se sont-ils croisés ?

-On s’est rencontrés après la fin du tournage de La Menace fantôme. Il enseignait à Londres, Paris et New York. Il donnait des cours dans ces trois villes. Je l’ai rencontré par l’intermédiaire d’un ami qui étudiait aussi avec lui. J’ai donc commencé à donner des cours, notamment à ses ateliers à Londres. Il continue d’enseigner depuis sa maison de retraite via Zoom. Il a probablement presque 100 ans maintenant.

-Comment avez-vous été choisie pour jouer dans Star Wars, épisode I ?

-À l’époque, je travaillais chez Lead Premier à Londres, une agence de mannequins. Ils savaient que je voulais être acteur. J’ai dit : « Si une opportunité se présente, que ce soit pour de la publicité ou du théâtre, tenez-moi au courant. » Et la perle rare est apparue car ils recherchaient une jeune femme qui ressemblait à Natalie Portman.

À ce moment-là, on ne savait pas pourquoi, mais on a fini par comprendre qu’ils voulaient une couleur d’yeux et de cheveux similaire… Voilà comment ça s’est passé.

-Quel effet cela vous fait-il de vous apprêter à tourner l’un des films les plus attendus de l’histoire ?

-Je ne savais pas qu’il y avait autant d’attentes. Mon film préféré, c’était Le Retour du Jedi. Je l’ai vu quand j’étais petite et je l’ai adoré. J’avais des amis plus âgés que moi. Quand je leur ai dit que je tournais dans ce nouveau film qui allait sortir, ils étaient fous de joie. Ils étaient genre : « Quoi ? ». Et puis, d’un coup, je me suis dit : « Ah, d’accord, c’est ça. » Donc, à l’époque, je n’en avais aucune idée. J’ai commencé à en parler autour de moi et ils étaient tous surexcités. Alors, je me suis dit : « D’accord. »

-Comment s’est passé le tournage ? George Lucas était-il toujours sur le plateau avec vous ?

-Oui. George Lucas était constamment présent sur le plateau avec nous, d’autant plus que nous étions les gardes du corps de la Reine. Quoi que fasse la Reine, nous étions là.

C’était fantastique de participer à tout ça. Il était génial, très terre à terre, et direct. S’il voulait demander quelque chose, il venait dire : « Peut-on refaire ça ? Avec un peu plus de ceci ou cela ? », mais c’était tellement calme, tellement beau.

-Maintenant que vous n’êtes plus au service de Sa Majesté, vous pouvez tout nous dire : que pensez-vous de la reine Amidala ? Est-elle du même acabit que la princesse Leia ?

-Oh, absolument. Ou peut-être que la princesse Leia était du même genre qu’elle !

Natalie Portman est incroyable. À l’époque, elle avait 16 ans. C’était une fille incroyable, pleine de joie, de lumière, tellement agréable à côtoyer. Et sa mère aussi, qui était souvent avec elle car elles séjournaient à Londres. Elle était si charmante. Un jour, nous ne tournions pas le lendemain, alors nous avons eu notre jour de congé. Et comme nous vivions tout près, à Primrose Hill, elle a dit : « Oh, pourquoi n’irions-nous pas pique-niquer demain ? Parce que c’est notre jour de congé. » J’ai dit oui, bien sûr. Alors on s’est retrouvées et on a pique-niqué sur la colline, toutes les deux. Elle était vraiment adorable.

Natalie Portman est incroyable. À l’époque, elle avait 16 ans. C’était une fille incroyable, pleine de joie, de lumière, tellement agréable à côtoyer

-Avez-vous imaginé le destin de Rabé, ou vous a-t-on officiellement révélé plus d’informations à son sujet que ce que l’on voit dans le film ?

-Non, on ne m’a rien dit de plus sur elle et je n’ai même pas imaginé son destin. Alors, ça a été une vraie surprise quand, lors d’un événement, une fan est venue me voir et m’a dit : « Avez-vous lu les livres d’E. K. Johnston ? Savez-vous que votre personnage est incroyable et ce qu’elle fait… » Et j’ai répondu : « Non ». « Vous devez absolument lire ce livre. » Alors, je suis allée l’acheter, puis je suis allée sur Instagram pour voir qui était l’auteure et je lui ai envoyé un message : « On m’a conseillé de lire ce livre que vous avez écrit sur la reine et ses suivantes. » Elle m’a répondu : « Oui, super, lisez-les. Mais lisez aussi celui-ci, parce que j’y parle de toutes les suivantes et c’était vraiment un plaisir d’écrire sur votre personnage. » Et j’étais genre, waouh. Et c’était tellement agréable à lire.

Et il y a des détails qu’elle a mentionnés, comme le léger accent de Rabé et le fait qu’elle soit artiste, et qu’elle siffle tout le temps. Je me suis dit : « C’est hilarant, parce que je fais exactement la même chose. Comment le sait-elle ? » Je lui ai répondu, et elle m’a expliqué qu’elle n’avait pas beaucoup d’éléments, elle faisait partie d’un grand fan club, un fan club de filles. Elles ont donc regardé le film en boucle !

-Vous fréquentez régulièrement les conventions de fans de Star Wars ; qu’est-ce qui vous plaît dans ces événements ?

-J’en ai fait quelques-unes ces vingt dernières années en Angleterre, environ quatre, je ne comprenais pas vraiment ce qui se passait, je voyais juste une foule immense, c’était comme un Comic-Con.

Mais tout a changé quand je suis allée en France, à Cusset. Je me suis dit : « C’est quoi ce truc ? » C’était une si belle réunion de famille. Il y avait tellement de gens déguisés. Des enfants en petites demoiselles d’honneur et en reine. Et les bénévoles, l’amour qu’ils ont apporté. J’ai vu tellement de communautés différentes. Les Lego, les jouets, les écussons, les robes, les costumes. J’ai été époustouflée quand je suis allée à Cusset. C’était mon premier événement en France et ça a complètement changé ma façon de voir les choses, ma façon d’être avec les fans. J’ai adoré et depuis, je suis retournée en France plusieurs fois.

J’ai été époustouflée quand je suis allée à Cusset. C’était mon premier événement en France et ça a complètement changé ma façon de voir les choses, ma façon d’être avec les fans.

-Nous constatons également votre fort engagement auprès d’organismes caritatifs, notamment R2-KT et l’association française « Alliance & Créations ». Pourquoi ?

-Eh bien, par le passé, je me suis déjà impliquée dans différentes organisations caritatives. Je suis partie en projet avec une amie au Mozambique où elle confectionnait des robes, apprenait aux gens à coudre à partir de vêtements recyclés dont personne ne voulait plus. Elle m’a invitée à rejoindre le projet et je récupérais les chutes de vêtements pour fabriquer des marionnettes avec des enfants d’orphelinats. Et puis j’ai commencé à travailler avec des enfants des rues.

J’étais donc déjà impliquée dans différents projets. Lors d’un séjour à Cusset, en France, Éric m’a contactée. Il m’a parlé d’Alliance & Créations, et j’ai ensuite rencontré Aurore. Le courant est tout de suite passé entre nous. J’ai également rencontré R2-KT 19, et le courant est tout de suite passé aussi grâce à Samantha Alleyne, qui en est la marraine.

Donc oui, nous sommes devenus amis et avons commencé à collaborer !

-Mis à part Star Wars, quels ont été vos projets préférés et en avez-vous d’autres en tête pour l’avenir ?

-J’ai participé à Operation Myth Puppets, un projet qui consiste à intervenir dans les écoles pour créer de magnifiques spectacles avec 120, parfois 200 enfants. J’ai fait cela pendant de nombreuses années et c’était formidable. Mais après toutes ces années, je me suis dit : « C’est magnifique mais j’arrête. » J’ai réalisé de magnifiques projets avec de nombreux enfants dans les écoles et j’ai également travaillé avec la compagnie SeeThrough Theatre, avec laquelle nous avons créé des carnavals avec des personnes âgées, des personnes ayant des besoins spéciaux et des enfants. L’idée est donc de rassembler la communauté. Il s’agit de projets intergénérationnels, où des personnes d’horizons différents se réunissent pour créer ce magnifique événement dans les rues. Ce fut une aventure fantastique et une grande source d’épanouissement pour moi en tant qu’artiste.

J’aime aussi beaucoup la procession des lanternes que j’organise depuis quelques années. Je travaille avec huit écoles et nous créons un univers de lanternes inspiré d’une histoire. Les enfants arrivent avec leurs lanternes et leurs lumières juste avant Noël, en décembre, une semaine avant les fêtes, illuminant la ville. J’aime ce projet pour sa signification profonde : les enfants se rassemblent, une classe par école, et nous créons ensemble, comme l’année dernière sur le thème des contes de fées, illuminant la ville et la magie des contes. Ils se rassemblent ensuite et entrent dans la ville avec leurs lumières. Nous arrivons au centre de la place principale, nous racontons l’histoire et ensuite, c’est la fête !

Propos recueillis et traduits de l’anglais par Alexandre Taillez

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