Chaque mercredi, CinéSport vous présente un film. Passionnant ou décevant, « blockbuster » ou méconnu, il y a toujours quelque chose à raconter. Après Braveheart, nous transgressons quelque peu notre règle en évoquant aujourd’hui deux films pour le prix d’un : Ivanhoé (1952) et Les Chevaliers de la Table Ronde (1953). Vous comprendrez pourquoi.
Le Moyen Âge et la chevalerie ont toujours fait rêver petits et grands garçons. Les chevaliers ont donc légitimement inspiré de nombreux films, mais à travers les années, on remarque en eux une surenchère d’effets visuels ou de cascades nuisant parfois à leur crédibilité. CinéSport vous propose donc de revenir dans les années 50, quand Hollywood sortait coup sur coup deux chefs d’œuvre du genre.
Richard Thorpe à la réalisation, Robert Taylor dans le rôle principal et Miklós Rózsa à la musique : les deux films ont appliqué la même recette, faisant aujourd’hui encore d’Ivanhoé et des Chevaliers de la Table Ronde des références du film de chevalerie.
Ivanhoé (1952)
Le personnage d’Ivanhoé est une création de l’auteur britannique Walter Scott qui en a fait le héros de son roman éponyme en 1819. Wilfrid d’Ivanhoé est la quintessence du preux chevalier, courageux et courtois, défenseur de la veuve et de l’orphelin, chrétien au service de la justice et de son Roi.
Dans cette adaptation, on retrouve Ivanhoé à la recherche de Richard Coeur de Lion, roi d’Angleterre, prisonnier des Autrichiens. Lorsqu’il découvre que le funeste Prince Jean, frère de Richard, est au courant de sa captivité mais ne souhaite pas payer la rançon pour le libérer, il retourne auprès des siens pour mettre fin à l’imposture. Mais les chevaliers normands, menés par Bois-Guilbert et Front-de-Bœuf, au service de Jean, agissent sans foi ni loi et vont mettre de nombreuses embûches pour contrecarrer les plans du héros saxon.
Parallèlement, Ivanhoé fait battre le coeur de deux femmes, la princesse Rowena, qui lui semble promise, et la jeune Rebecca, fille d’Isaac d’York, qui va aider le chevalier à s’équiper et à combattre. Toutes deux mises en danger par les Normands, elles doivent compter sur le courage sans limite de leur champion. En plus de son courage, Ivanhoé peut compter sur des alliés bien connus vivant dans la mythique forêt de Sherwood : un certain Robin des bois et sa bande.
Les décors, les costumes et les dialogues, les rivalités et même la situation politico-religieuse : tout sonne juste et nous plonge dans l’époque, même si les puristes et historiens remarqueront quelques anachronismes, les tenues portées correspondant davantage à la période de la Guerre de Cent Ans (1337-1453) qu’au XIIe siècle, où l’histoire se déroule.
Les batailles sont tournées avec les moyens de l’époque, on se rend donc parfois compte des subterfuges, le siège du château de Front-de-Bœuf ainsi que la scène du tournoi sont toutefois grandioses.
La bande originale est signée Miklós Rózsa, maître incontesté et référence du genre. On le retrouvera à la direction de la musique des Chevaliers de la Table Ronde, mais aussi – entre autres – des films Ben Hur en 1959 et Le Cid en 1961.
Élégant et charismatique, Robert Taylor était fait pour jouer un chevalier, et l’on comprend pourquoi il sera de nouveau engagé par Richard Thorpe dans Les Chevaliers de la Table Ronde mais aussi dans Les Aventures de Quentin Durward. Il est entouré par la belle Joan Fontaine, dans le rôle de la douce et dévouée Rowena, et par une jeune actrice prometteuse de l’époque, Elizabeth Taylor. Pas de lien de parenté entre elle et Robert Taylor, même s’ils forment un duo complémentaire à l’écran. Le regard de la jolie Elizabeth, jeune juive amoureuse d’Ivanhoé, envoûte même l’ennemi normand.
Les Chevaliers de la Table Ronde (1953)
Davantage encore qu’Ivanhoé, Les Chevaliers de la Table Ronde met en avant l’héritage culturel et mythologique européen. Cette fois, Robert Taylor se glisse sous les traits de Lancelot du Lac, personnage créé par Chrétien de Troyes au XIIe siècle, aux inspirations incertaines.

Le film commence avec Arthur Pendragon, revendiquant la couronne du royaume de Logres (Angleterre actuelle), tout comme sa demi-sœur Morgane la Fée, qui souhaite faire de son chevalier servant et époux Mordred le nouveau roi. Le sorcier Merlin invite alors les prétendants à essayer de retirer l’épée Excalibur de l’enclume. Alors qu’Arthur y parvient, Mordred conteste la décision providentielle et ouvre le chemin de la guerre.
On rencontre Lancelot dans une forêt, à la recherche d’Arthur à qui il souhaite prêter allégeance. Au cours d’une escarmouche en forêt, durant laquelle Lancelot affronte plusieurs adversaires à lui seul, il est aidé par un étranger presque aussi habile que lui à l’épée : c’est Arthur.
Une amitié profonde et sincère naît rapidement entre les deux hommes. Après une longue période de guerre contre Mordred et ses hommes, ils l’emportent et Arthur pardonne à ses ennemis.
Les querelles, les réconciliations et les complots s’enchaînent, Arthur réunit ses meilleurs chevaliers et crée la Table Ronde en son château de Camelot. La reine Guenièvre fait chavirer les cœurs et, malgré elle, provoque bien des déboires à ceux qu’elle aime…
L’aspect mystique des chevaliers de la Table Ronde n’est pas oublié. La quête du Graal de Perceval revêt une importance particulière et permet à Lancelot d’examiner sans cesse sa conscience avec humilité.
Le film pourrait durer trois ou quatre heures, il n’en fait que deux, certains événements sont donc traités rapidement. L’histoire de Lancelot, d’Arthur et des chevaliers de la Table Ronde est toutefois passionnante, et l’on pardonne les anachronismes à la production du film. En effet, plus encore que dans Ivanhoé, les costumes et équipements utilisés (Guerre de Cent Ans, XIVe et XVe siècles) sont en décalage avec ceux de l’époque où se déroulent l’histoire (entre les Ve et VIe siècles).
Robert Taylor est toujours impeccable, il n’est plus dans la peau d’un chevalier moralement parfait, mais le poids de ses péchés ou de sa colère l’atteint et en font un personnage émouvant. Le Roi Arthur, joué par Mel Ferrer, est un bon alter ego de Lancelot, et est doté d’un physique fait pour porter la couronne. Mais la plus grande célébrité du casting est l’actrice Ava Gardner, déjà apparue dans une quarantaine de films à l’époque, et merveilleuse sous les traits de la Reine Guenièvre, symbole de l’amour. À l’image des ennemis d’Ivanhoé, Mordred (interprété par Stanley Baker) et ses sbires sont parfois un peu caricaturaux, machiavéliques à l’excès, ils demeurent cependant crédibles en « chevaliers noirs ».
Où voir Ivanhoé et Les Chevaliers de la Table Ronde ?
Ivanhoé est disponible en vidéo à la demande sur Apple TV et Canal VOD (coût : 2€99).
Le film est également disponible sur la plateforme Dailymotion, en version française (partie 1, partie 2) ou en version originale (partie 1, partie 2).
Le coût du DVD ayant grimpé en flèche, nous recommandons aux collectionneurs et autres amateurs de supports physiques de se tourner vers les sites de revente d’occasion (Vinted, eBay, Le bon coin…).
Les Chevaliers de la Table Ronde est lui aussi disponible en vidéo à la demande sur Apple TV et Canal VOD, pour le même tarif qu’Ivanhoé. Une version DVD est actuellement vendue au prix de 3€99 via le site de la FNAC.
Pour l’heure, vous pouvez également le découvrir sur YouTube en version française (cliquez ici) ou en version originale (cliquez ici).


2 réponses
Sur le thème des chevaliers, que conseilleriez vous de regarder avec de jeunes enfants ? Et que version de Robin des Bois choisir ?
Ivanhoé est adapté aux enfants, le style de l’époque était bien moins violent (et sanglant) que celui des productions actuelles.
Ce n’est pas une réponse très originale mais le Robin des Bois des Disney est incontournable ! 🙂