La nouvelle est tombée le 7 avril. Dans un entretien accordé au média BeBasket, Nando De Colo annonçait qu’il mettrait un terme à sa carrière de basketteur professionnel à l’issue de la saison 2025/2026. L’occasion de se replonger dans quelques souvenirs et de remercier un basketteur en (sang et) or.

C’est officiel, il ne reste plus que quelques semaines aux amoureux de la balle orange pour profiter du talent de Nando De Colo.

Hélas, celui qui restera comme l’une des légendes du basket français a quitté l’ASVEL et la BetClic Elite en janvier dernier afin de retrouver son ancien club du Fenerbahçe et de jouer les premiers rôles en Euroligue. Un choix parfaitement compréhensible sportivement parlant mais qui empêchera le public hexagonal d’offrir au joueur une petite tournée d’adieu qui aurait été bien méritée.

20 saisons au plus haut niveau, 209 sélections en Équipe de France, un titre de champion d’Europe avec les Bleus en 2013, deux médailles olympiques (l’argent à chaque fois, en 2021 et 2024), une médaille de bronze lors de la Coupe du Monde 2019, une année 2016 hors du commun auréolée d’un titre de champion d’Europe avec le CSKA Moscou et d’un titre de MVP de l’Euroligue, et de multiples récompenses individuelles en France, en Russie et à l’échelle continentale… Le palmarès de Nando De Colo est long comme le bras d’un pivot ! Autre exploit, se faire un nom et une réputation extrêmement solide après du grand public sans avoir brillé en NBA. Si le meneur de jeu a bien été drafté en 53e choix par les San Antonio Spurs en 2009 et a joué 98 matchs pour la franchise texane, puis 21 matchs avec les Toronto Raptors lors de la saison 2013/2014, c’est bien sur le Vieux continent que le Français a brillé, devenant même le deuxième meilleur marqueur de l’histoire de l’Euroligue.

Quand Nando De Colo terrassait la Hongrie… et faisait souffrir Team USA

Nando De Colo tient une place particulière dans ma vie de passionné de sport, et plus particulièrement de passionné de basket. J’ai par exemple eu l’occasion d’assister depuis les tribunes à l’un de ses premiers exploits en Bleu. Le 30 juillet 2009, lors d’un match contre la Hongrie disputé au stade Pierre de Coubertin, à Paris, l’Équipe de France s’était imposée 70-69 sur un « game winner » de…Nando De Colo ! « Quel talent ! », comme le clamait David Cozette, commentateur de la rencontre au côté de l’illustre Jacques Monclar.

J’ai eu la chance de voir Nando sous le maillot tricolore à deux autres reprises, au stade Pierre Mauroy de Lille à chaque fois, lors de l’Eurobasket 2015 puis lors des Jeux Olympiques de 2024. En 2015, c’était à l’occasion de la demi-finale de la compétition, face à l’Espagne. Une défaite pénible à vivre mais un match de très haut niveau lors duquel Nando De Colo avait brillé, avec 14 points à 6/12, 4 rebonds et 3 passes décisives. En 2024, c’était lors du duel face au Japon, en phase de poules. Remplaçant, Nando n’avait joué qu’un quart d’heure mais tout de même apporté sa pierre à l’édifice dans le difficile succès français (4 points, 3 rebonds et 2 passes, victoire 94-90 après prolongation). Rappelons cependant que, lors de la grande finale face aux Américains, il avait fait partie des meilleurs joueurs français et inscrit 12 points à 5/7 au tir en 18 minutes. Seuls Victor Wembanyama et Guerschon Yabusela avaient davantage marqué, mais avec de moins bons pourcentages. Pas mal pour une dernière sélection !

Un amoureux du RC Lens

Un autre aspect de la vie de Nando De Colo m’a permis d’avoir quelques échanges directs avec lui : il s’agit d’un fervent supporter du Racing Club de Lens ! En 2020, alors que je publiais mon premier livre, « L’Opéra du Peuple, le stade comme école de vie », carnet de voyages dans lequel je développais l’idée que le sport était une ouverture sur la culture et sur le monde, Nando soutenait mon travail en commandant un exemplaire, avant d’en faire un bref retour sur Twitter. Non non, alors qu’il aurait pu le faire et que sa demande aurait évidemment abouti, il ne m’a pas demandé de lui offrir un exemplaire mais a bien sorti la carte bleue. Un geste qui démontre que le succès et la notoriété ne lui sont pas montés à la tête et ne l’ont pas déconnecté du monde réel, des gens normaux. Merci encore, Monsieur De Colo !

À plusieurs reprises, Nando a été accueilli par le RC Lens, donnant un coup d’envoi lors d’un match de Ligue 2 (il n’a pas attendu le retour en L1 pour afficher ses couleurs !), ou échangeant avec Franck Haise à la Gaillette.

En 2023, alors que j’épaulais Guillaume Warmuz, légende du RCL, à finir son autobiographie, je reprenais contact avec Nando De Colo pour un projet original. Dans les annexes du livre de Guillaume, nous voulions inclure des questions posées directement par des supporters lensois et des clubs dans lesquels il avait évolué. En plus d’abonnés du stade Bollaert ou de membres d’associations, nous avons pensé à Nando De Colo, qui s’est prêté au jeu avec plaisir. J’avoue m’être senti petit au moment où je faisais l’intermédiaire entre deux sportifs français ayant chacun atteint des sommets.

Nando De Colo basketteur, ce sera donc bientôt terminé, mais Nando De Colo, l’homme, ne manquera probablement pas de projets, et CinéSport lui souhaite naturellement un maximum de réussite et de bonheur !

Alexandre Taillez

Partagez l'article :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *