Découverte par le grand public dans le film The Patriot, en 2000, aux côtés de Mel Gibson et Heath Ledger, Lisa Brenner participe à de nombreux projets depuis, notamment à la télévision. En octobre 2025, c’est au cinéma que les spectateurs américains pouvaient la retrouver dans le film One Big Happy Family, dont elle était également productrice et scénariste ! Avant une éventuelle distribution en France, pays qu’elle aime particulièrement, Lisa Brenner nous a accordé un entretien exclusif.
-Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir actrice ? Avez-vous des modèles ou des sources d’inspiration ?
-Quand j’avais 7 ans, j’étais fascinée par une comédie musicale à succès de Broadway, Annie, et je rêvais d’y jouer. Ma mère m’a emmenée à une audition où il y avait des milliers de petites filles, et j’ai quand même été sélectionnée. On ne pouvait pas s’engager pour un an, mais j’ai dit à ma mère : « Très bien. Mais je voulais juste te dire que je ferai du cinéma et de la télévision toute ma vie ! »
-Avez-vous fait des études d’art dramatique ?
-J’ai étudié le théâtre et l’anglais au Barnard College de l’Université Columbia, mais c’était de l’écriture théâtrale, pas de la pratique. J’avais déjà pris des cours de théâtre et de jeu d’acteur en privé pendant de nombreuses années.
-Comment avez-vous décroché le rôle d’Anne Howard dans « The Patriot » ?
-J’ai passé une audition ! J’ai eu trois rappels et un essai caméra !
-Vous avez rejoint une distribution prestigieuse, menée bien sûr par Mel Gibson. Était-ce un rêve devenu réalité, une occasion d’apprendre ou une chance de faire vos preuves ?
-C’était tout cela à la fois ! Mel Gibson s’est montré d’une gentillesse et d’une humilité exceptionnelles. Il m’a appris que j’étais son égal, il apportait de l’humour et de la bonne humeur sur le plateau, et le regarder travailler, c’était comme assister au génie d’un homme à l’œuvre. J’ai énormément appris de lui, mais surtout que je dois travailler dur et rester concentré sur un plateau. Il était bien trop brillant pour cela !
-À l’écran, il y a une alchimie formidable entre votre personnage et Gabriel Martin, interprété par Heath Ledger. Quels souvenirs gardez-vous de votre collaboration avec lui ?
-Heath était une personne adorable, douce et drôle. Un véritable artiste. Je me souviens d’être assise à côté de lui au maquillage et de l’avoir vu fabriquer une petite cage à oiseaux avec toutes les épingles à cheveux. Nous avions une très belle relation.
Heath était une personne adorable, douce et drôle.
-Nous vous avons vue dans de nombreuses séries télévisées. Quelles sont les différences entre le tournage d’un film et celui d’une série ?
-La plus grande différence réside dans le rythme de tournage. Pour une série, nous tournons une heure de contenu en 8 à 10 jours. Un long métrage à gros budget comme The Patriot a été tourné sur 6 mois.
-Pouvez-vous nous parler du film « One Big Happy Family », sorti en salles aux États-Unis en octobre dernier ? Y a-t-il un espoir qu’il soit projeté en France ?
-Mon film One Big Happy Family traite du multiculturalisme. Comment peut-on s’identifier à une culture ou une ethnie et puis, soudain, un test ADN nous révèle le contraire ? Il est impossible d’être raciste ou xénophobe quand on peut être l’autre. Dans le film, il y a une blague récurrente : on me dit « Tu n’as pas l’air juif », et j’espère que quelqu’un, n’importe qui, me dira que j’ai l’air français, mais bien sûr, personne ne le fait. La France est l’un de mes pays préférés au monde. J’étudie le français depuis la sixième et je le parle assez couramment. Enfin, je peux à peu près tenir une conversation.
-Scénariste, productrice, actrice principale… On dirait que « One Big Happy Family » est « votre bébé ». Comment avez-vous réussi à jongler avec trois fonctions sur un même film ?
-Ce n’était pas facile et j’aurais peut-être fait un meilleur travail si je n’avais pas eu autant de casquettes. J’aurais peut-être mieux suivi mon texte si j’avais regardé les scènes plutôt que de les jouer. Il y a eu quelques inversions de mots, mais le scénario original avait un certain rythme qui se perdait parfois sur le plateau. Et c’était surtout moi qui faisais des erreurs ! Parfois, j’étais tellement absorbée par le jeu brillant de Linda Lavin, qui joue ma mère, Lenore, que j’oubliais que j’étais dans la même scène qu’elle ! Et curieusement, jouer les répliques que j’avais écrites était plus difficile que je ne l’avais imaginé. Je rentrais chez moi le soir en me disant : « Ces répliques étaient tellement meilleures que moi à l’écran ! »
-Concernant votre rôle de productrice, comment s’est passée votre collaboration avec votre mari, Dean Devlin, lui-même producteur renommé ? Était-ce la première fois que vous endossiez ce rôle ?
-Mon mari et moi avons également produit la série dystopique The Deal pour Roku, ce n’était donc pas une première pour nous. J’ai énormément appris de lui sur tous les aspects de la réalisation, de la structure narrative au casting, et il m’a vraiment aidée à prendre confiance en moi sur le plateau. Ayant été actrice pendant la majeure partie de ma vie, j’oubliais parfois que j’avais une voix. Il me rappelait constamment : « C’est toi qui décides ! Dis non ! »
-Souhaiteriez-vous partager un message particulier avec le public pour conclure cet entretien ?
-Mon film One Big Happy Family sortira bientôt à l’international. À l’heure où le monde est si divisé par les ethnies et les religions, mon film est une célébration de l’humanité et de l’amour, ce dont nous avons tous besoin. « L’amour ne se soucie pas de l’ADN, l’amour crée sa propre famille. »
Propos recueillis et traduits de l’anglais par Alexandre Taillez
Photo de couverture : Lisa Brenner
Suivez Lisa Brenner sur son compte Instagram officiel

