« Ils peuvent nous ôter la vie, mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté ! ». Qui n’a pas vibré en entendant William Wallace, a.k.a. Mel Gibson, prononcer ces mots dans Braveheart avant la grande scène de la bataille de Stirling ? C’est en 1995, il y a 31 ans déjà, que l’histoire du héros écossais était immortalisée dans un film épique qui devenait une référence du genre quasi instantanément, raflant sur son passage de nombreuses récompenses dont l’Oscar du meilleur film. Les années passent mais Braveheart conserve une place à part dans le coeur des amoureux de l’Écosse, à tel point que le film sera à nouveau célébré à Glasgow en mai prochain. Mel Gibson en personne sera de la fête.
Une occasion unique ! Le 10 mai prochain, Mel Gibson sera l’invité d’honneur d’un gala organisé à l’hôtel Hilton Metropole de Glasgow par la société « An Experience With » afin de célébrer le 30e anniversaire de Braveheart (l’année de ses 31 ans, il n’y a pas d’erreur !). Un gala luxueux mais ouvert à tous, 700 places étant disponibles à la vente. Les plus accessibles seront au tarif de 75 £, soit environ 87 euros. Aux cinéphiles se joindront d’autres invités de marque dont les noms n’ont pas encore été révélés.
Au-delà de cet événement, le 30e anniversaire de Braveheart a aussi inspiré la construction d’un grand studio de cinéma à Stirling, cette ville écossaise où William Wallace et ses hommes gagnèrent une grande bataille en 1297. Il s’agit plus exactement d’une transformation d’un grand entrepôt militaire de près de 15 000 m². Mel Gibson a déjà laissé entendre que cela pourrait lui donner l’opportunité de revenir travailler en Écosse à l’avenir.

Si l’acteur n’a plus la même notoriété qu’au sommet de sa carrière, dans les années 90, il n’en demeure pas moins très investi dans le monde du cinéma et élabore actuellement deux grands projets : une suite à La Passion du Christ et un 5e opus de L’Arme Fatale, bien que ce dernier donne parfois l’impression d’être un serpent de mer, évoqué depuis de nombreuses années mais tardant à se concrétiser.
Braveheart, mythe écossais magnifié par le cinéma
Comme Glasgow, CinéSport célèbre Braveheart et en fait donc le premier long métrage mis en avant dans une rubrique qui se voudra hebdomadaire : « le film du mercredi ».
Vous n’avez pas vu le film depuis plusieurs années ? Voilà un bref résumé pour vous rafraîchir la mémoire, même si rien ne remplacera un nouveau visionnage. Attention, spoilers !
À la fin du XIIIe siècle, un jeune et modeste paysan écossais voit sa vie basculer lorsque son père et son frère aîné sont tués au combat par l’ennemi anglais. Son oncle, un érudit, le prend alors sous son aile et lui prodigue une formation complète, allant de l’apprentissage de langues étrangères au maniement des armes. Bien des années plus tard, à son retour sur ses terres, il retrouve la belle Murron, une amie d’enfance. Malgré eux, leur romance va changer le cours de l’histoire. Refusant en effet de partager sa bien-aimée avec l’occupant comme le stipule la loi de la « prima nocte », Wallace l’épouse clandestinement et se met à dos la garnison anglaise. Sa bien-aimée est tuée, entraînant ainsi le ralliement du jeune homme à la guerre d’indépendance écossaise contre le roi d’Angleterre Édouard 1er dit Édouard le Sec. Wallace, brillant meneur d’hommes, est le grand héros de la bataille de Stirling, mais est confronté aux fourberies et à la cupidité des lords écossais… Malgré l’aide qui lui est apportée par Isabelle, princesse de Galles, avec qui il entretient une liaison, celui que l’on surnommait « Braveheart » (cœur vaillant) est arrêté, torturé et exécuté en 1305. Mais après sa mort, Édouard Bruce, prétendant légitime au trône d’Écosse, préoccupé auparavant par la défense de son rang, prend sa succession à la tête de l’armée écossaise et obtient par l’épée l’indépendance de son pays.
Les raisons du succès
Épique et émouvant, passant des dialogues mémorables aux scènes spectaculaires, Braveheart est un vibrant hommage à William Wallace, qui donne envie de monter à cheval et de le suivre dans son combat pour la liberté. L’on est plongé dans l’Écosse médiévale, dans ses coutumes, son sens de l’honneur… et ses fourberies.
Wallace, qui désirait mener une vie simple et familiale, porte son combat comme un fardeau, il donne cependant sa vie pour la cause et ne baisse jamais la tête malgré les félonies et autres bassesses de ses adversaires mais surtout des lâches seigneurs de son propre camp. Si sa force donne parfois l’impression d’assister aux exploits d’un super héros Marvel, ses blessures et ses erreurs l’humanisent et permettent au spectateur de s’identifier à lui ou du moins d’avoir l’empathie nécessaire pour craindre pour son sort.
Deux femmes, son épouse Murron puis la princesse de Galles, l’aident à maintenir le cap et sont présentes à ses côtés lorsqu’il est au plus mal, illustrant bien l’adage disant que « derrière chaque grand homme se trouve une femme ». Les compagnons d’armes de Wallace sont attachants et apportent tous un plus au film, tantôt de la brutalité, tantôt de l’humour, dont Braveheart ne manque pas, sans jamais tomber dans le grotesque.
Alors que les moyens technologiques ont changé du tout au tout en trois décennies, peu de films tiennent pourtant la comparaison avec Braveheart en ce qui concerne le réalisme des batailles. L’on peut penser, bien sûr, au Retour du Roi (2003), 3e volet du Seigneur des Anneaux, même si les créatures fantastiques sont un atout sur lequel un film historique ne peut pas compter. Autre œuvre qui vient en tête : The Patriot (2000), film sur l’indépendance américaine où le personnage principal est interprété une fois encore par Mel Gibson, décidément souvent dans les bons coups à cette période.
Dans Braveheart, les figurants en kilt ne sont autres que les hommes d’un régiment militaire, ayant pour atouts leur nombre et leur discipline. Idéal pour un tel tournage !
Au générique
Mel Gibson cumule les casquettes de réalisateur et d’acteur principal, et c’est une réussite ! Son film est un immense succès et son interprétation restera inscrite dans l’histoire du cinéma. Il est véritablement possédé par son personnage jusqu’à la scène finale où il hurle la raison qui a poussé Wallace à se battre : « Liberté ! ». Si Mel Gibson était jusque-là une référence des films d’actions (notamment avec son rôle de Martin Riggs dans L’Arme Fatale, saga que l’on évoquait précédemment et dont on attend inlassablement une suite), il nous montre que les films historiques lui vont également à merveille, comme on le verra à nouveau avec The Patriot, puis en tant que réalisateur avec La Passion du Christ (2004) et Apocalypto (2006). Soulignons également le travail exceptionnel du regretté Jacques Frantz, doublure française de Mel Gibson entre 1985 et 2021.
Sophie Marceau est Isabelle, fille du Roi de France et princesse de Galles. Elle apporte une touche de douceur, sans être cantonnée au rôle de victime incapable de se défendre, et sans manquer de caractère.

Patrick McGoohan est parfait dans le rôle du Roi Édouard d’Angleterre, dont le charisme n’a d’égal que la cruauté. Comme son personnage, il était très grand (1m88), il est décédé en 2009 à l’âge de 80 ans après avoir eu une carrière bien remplie.
Robert Bruce est joué par Angus Macfadyen, on le voit sous un jour plus tiraillé et émouvant que glorieux, on a pourtant envie de le suivre lors de la dernière scène, lorsqu’il prononce un discours en hommage à Wallace avant la décisive bataille de Bannockburn, celle qui apporta l’indépendance à l’Écosse. L’acteur américain a retrouvé son personnage dans un film sorti en 2019 et sobrement intitulé Robert the Bruce. Une oeuvre passée totalement inaperçue mais qui a le mérite de développer l’histoire de ce héros national, dont le traitement dans Braveheart était l’un des rares aspects à être parfois critiqué. En effet, certains Écossais voient d’un mauvais œil le caractère lui étant attribué, à la fois instable et peu charismatique, alors que Robert Bruce fut un grand roi après la mort de Wallace.

La jolie Murron est jouée par « une inconnue », Catherine McCormack. Ce choix se révèle payant puisqu’elle parvient à nous faire comprendre pourquoi Wallace prend les armes suite à son assassinat. Belle, innocente mais courageuse.
Brendan Gleeson (Harry Potter, Gangs of New York, Troie…) est sans aucun doute l’une des raisons du succès du film auprès du public. De nationalité irlandaise, il joue régulièrement des personnages celtes. Dans Braveheart, il joue Hamish, ami d’enfance de Wallace et combattant fidèle parmi les fidèles de son armée. Monstre physique, roux et barbu, il détruit littéralement ses ennemis en apportant pourtant une touche d’humour. Il a un profil similaire à son paternel, joué par James Cosmo (vu notamment dans les séries Sons Of Anarchy et Game Of Thrones).
Et comment ne pas évoquer la bande originale du film, signée James Horner ? Voilà l’élément qui nous plonge définitivement dans l’Écosse du XIIIe siècle, et qui nous montre que la cornemuse notamment peut accompagner les plus grandes batailles comme les moments les plus intimes et les plus mélancoliques.
Petits arrangements avec l’Histoire
Comme dans chaque biopic et plus globalement chaque adaptation de faits réels au cinéma, l’on trouve quelques arrangements avec l’Histoire dans Braveheart. Des arrangements délibérés plus que des fautes puisqu’il y a bien derrière chaque élément modifié des buts précis.
Tout d’abord, William Wallace n’était pas issu d’une famille aussi modeste que ce que l’on voit dans le film. Lorsqu’il entra en guerre, il n’était qu’un jeune homme d’une vingtaine d’années. S’il mena bien ses hommes à la victoire à Stirling, il était accompagné d’un autre grand personnage, Andrew de Moray, que l’on ne voit pas dans le film. À Stirling toujours, la bataille ne se passa pas dans une vaste prairie mais autour d’un pont stratégique.

Tout cela n’avait pour but que d’enjoliver le produit cinématographique, en faisant de William Wallace le symbole du peuple qui se soulève et en privilégiant l’impact visuel sur l’exacte représentation historique.
Murron, quant à elle, se prénommait Marion, mais on craignait à l’époque, avec la prononciation anglaise, qu’il y ait une confusion avec le nom de Marianne, la dulcinée de Robin des bois. Le film de 1991 avec Robin Costner était encore dans toutes les mémoires.
Le point le plus discutable est peut-être la présence d’Isabelle, la princesse de Galles, qui au moment des faits n’était pas encore l’épouse du fils d’Édouard le Sec mais… une petite fille. Elle tient pourtant un rôle prépondérant dans le film.
Autre exemple, les tenues portées par Wallace et ses compagnons ne sont pas réalistes non plus. Pas de kilts sur le champ de bataille à l’époque mais des armures plus classiques, semblables à celle que l’on peut voir sur la statue de William Wallace située à l’entrée du château d’Édimbourg. Visuellement, le choix fait dans Braveheart permet toutefois de distinguer les deux camps et d’accentuer l’identité écossaise. Un bon choix, comme tant d’autres dans ce film ! L’idée de voir un Écossais se battre en kilt n’est, qui plus est, pas absurde puisque beaucoup étaient vêtus ainsi durant la Rébellion jacobite de 1745.

Où voir Braveheart ?
Au 1er avril 2026, Braveheart est accessible via l’abonnement de base de Disney+. Le film est également disponible à la location ou à la vente sur les plateformes de streaming habituelles (hors Netflix).
Pour ajouter le film à votre collection physique, le blu-ray et le DVD sont bien sûr toujours en vente dans toutes les bonnes boutiques spécialisées.

